Avec la crise, l'État actionnaire devient l'État pompier pour les entreprises stratégiques (Air France-KLM, SNCF...)

photo François Robardet, Administrateur Air France-KLM I Lettre de l'Administrateur Air France-KLM

François Robardet Représentant des salariés et anciens salariés actionnaires PS et PNC

N°778, 19 octobre 2020  
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La Revue de Presse du lundi

> Avec la crise, l'État actionnaire devient l'État pompier pour les entreprises stratégiques (Air France-KLM, SNCF...)

(source La Tribune) 16 octobre - Avec la crise, les orientations actionnariales de l'État ont changé. La valeur patrimoniale des entreprises de son portefeuille s'écroulant, le temps des cessions de participations a laissé place à des interventions d'urgence pour sauver des entreprises stratégiques fragilisées par la crise. Une vingtaine d'entre elles ont été identifiées par l'Agence des Participations de l'État (APE) et sont surveillées comme le lait sur le feu. En cas de besoin de liquidités, elles pourront être aidées rapidement comme l'ont été dès le printemps dernier Air France et Renault.
 
Résultat : simplifiée en 2017, la doctrine de l'APE en matière d'investissements a été revue. Alors qu'elle consistait pour l'État à rester au capital de trois catégories d'entreprises (celles relevant de la souveraineté comme la Défense et le nucléaire, les grandes entreprises de services publics et enfin les entreprises pour lesquelles un soutien était nécessaire, comme Dexia et PSA dans le passé), elle se concentre aujourd'hui sur deux types d'entreprises, a indiqué ce jeudi Martin Vial, le commissaire aux participations de l'État, lors d'une rencontre avec la presse : "celles dont le modèle est profondément et durablement impacté ou modifié par le Covid-19" comme le sont Air France, ADP ou la SNCF, et "celles qui ont certes été très frappées par le Covid, mais dont le modèle économique n'est pas remis en cause, comme le secteur automobile", a-t-il expliqué.
 
Pour les entreprises de la première catégorie, l'État est prêt à jouer les pompiers. Sa politique actionnariale se focalisera sur "des opérations de sauvetage", en "renforçant les fonds propres des entreprises qui les ont perdus", et en accompagnant "leur changement de stratégie pour que leur modèle économique puisse rester résilient", a précisé le directeur de l'APE.
 
Ainsi, des opérations de renforcement de fonds propres sont prévues pour Air France-KLM, lequel a déjà bénéficié au printemps d'un prêt d'actionnaire de 3 milliards d'euros de l'État français et d'une garantie de l'État sur un prêt bancaire de 4 milliards. Mais aussi pour la SNCF.
 
"Le modèle économique d'Air France-KLM est affecté de différentes manières. La clientèle Premium a quasiment disparu et, avant qu'elle ne revienne de façon massive, il risque de s'écouler du temps, car cette clientèle ne voyage plus. Deuxième évolution, la crise du Covid a aussi renforcé les demandes en matière environnementales. Le groupe s'est endetté de manière massive. A la fin du jour, il faudra bien renforcer les fonds propres du groupe. La très bonne nouvelle est que ces plans de soutien abondent la capacité de liquidités de l'entreprise, et il n'y a pas de sujets (de trésorerie, NDLR) urgent à court terme", a expliqué Martin Vial, en précisant que ces soutiens publics auront un impact sur la gouvernance du groupe.
 
Pour rappel, celle-ci est extrêmement compliquée depuis l'arrivée brutale début 2019 de l'État néerlandais dans le capital d'Air France-KLM à hauteur de 14%, au niveau de ce la participation de l'État français. Avec cette opération, les Néerlandais revendiquent davantage de droits au sein du groupe pour peser sur ses décisions.
 
"Très clairement, le poids relatif de l'État français et néerlandais dépendra in fine de l'effort financier fait par les uns et les autres. Dans le renforcement des fonds propres qui sera discuté avec l'entreprise, l'intervention que l'État français et que l'État néerlandais pourront faire déterminera in fine l'évolution de la gouvernance", a ajouté le commissaire de l'APE.
 
L'aide de la France à Air France a été au printemps le double de celle des Pays-Bas (3,5 milliards d'euros). Selon des analystes, le groupe aura besoin entre 3 et 5 milliards d'euros d'argent frais d'ici à un an.
 
La SNCF fera également l'objet d'un renforcement de fonds propres. Moins d'un an après avoir repris 25 milliards d'euros de la dette de la SNCF, la seconde tranche de 10 milliards d'euros en 2022 n'est pas remise en cause. Les contreparties demandées par l'État à l'entreprise non plus. Elles sont toujours "pertinentes et valides", selon Martin Vial.
 
" La SNCF doit pouvoir dégager des cash flow libres positifs au niveau du groupe à partir de 2022 et avant 2025 pour ce qui concerne SNCF réseau. Ces deux rendez-vous sont maintenus dans le travail de renforcement des fonds propres et de soutien financier sur lequel nous travaillons avec la SNCF", a-t-il rappelé (...).
 
Pour pouvoir mener à bien ces sauvetages, l'APE dispose d'une enveloppe de 20 milliards d'euros votée par le Parlement, "une force de frappe extraordinaire", selon Martin Vial. Cette manne sera "utilisée au fur et à mesure des besoins des entreprises, pas seulement du portefeuille mais aussi d'autres qui souhaiteraient le soutien de l'État", a précisé le Commissaire de l'APE. Il pourra intervenir dans le cadre de l'assouplissement provisoire des règles européennes en matière d'aides d'État.
 
Pour la deuxième catégorie d'entreprises dans lequel l'État continuera d'investir, c'est-à-dire celles qui souffrent mais dont le modèle économique n'est pas remis en cause, il pourra y avoir, selon Martin Vial, "des soutiens financiers ponctuels, mais surtout des soutiens pour du redéploiement, car ces crises ont toujours des périodes de reconcentration et notre objectif est que les entreprises de notre portefeuille soient plutôt des consolidateurs plutôt que des consolidés." (...)

Mon commentaire : Au début de la crise sanitaire, les compagnies aériennes ont rapidement compris que cette crise serait longue et qu'elle aurait des conséquences importantes sur leur santé financière.

Contraintes de solliciter des aides de leurs actionnaires et de leurs états de tutelle, elles en ont évalué le montant sur la base d'un scénario "en V" : une chute rapide de l'activité suivie d'une reprise sur deux à quatre ans.

Jusqu'à début août, cette hypothèse paraissait réaliste. Mais la reprise de l'épidémie dans la quasi-totalité des pays est venue contrecarrer leurs plans.

Aujourd'hui, la plupart des compagnies aériennes estiment que les aides obtenues seront insuffisantes et qu'elles devront reconstituer leurs fonds propres (lire à ce sujet l'article figurant dans la section Revue de Presse Boursière).

> Overheid hoeft KLM niet te redden (Le gouvernement n'a pas à sauver KLM)

(source De Volkskrant traduit avec Deepl) 14 octobre - Kees Cools - ancien professeur de finance d'entreprise et de gouvernance et chercheur à l'université de Tilburg.
 
Après les 3,4 milliards d'euros de prêts (garantis par l'État) pour KLM, le ministre des finances Hoekstra veut maintenant parler du renforcement des fonds propres de KLM. KLM doit-elle être sauvée ? Si possible, mais pas par le gouvernement.
 
(...) KLM n'est pas vitale pour l'économie néerlandaise. Si KLM doit être sauvée, il en va de même pour des dizaines, voire des centaines d'autres entreprises.
 
De plus, la faillite est indépendante de la viabilité d'une entreprise. Après une éventuelle faillite, KLM pourrait redémarrer, ou bien les avions, les redevances d'atterrissage et d'autres actifs pourraient être achetés par d'autres compagnies aériennes. (...)
 
Que se passe-t-il en politique ? Pourquoi ne pas laisser le marché faire son travail et dépenser ces milliards de manière significative ailleurs ? (...) Ogem, Fokker, DAF, V&D, Imtech (22 000 employés, en faillite en 2014), DSB Bank, KPN et Hema, aucun d'entre eux ne pouvait compter sur le soutien du gouvernement. Pourquoi les dizaines de milliers d'employés de ces entreprises ont-ils moins de valeur aux yeux des politiciens de La Haye que les employés de KLM ? Pourquoi le ministre Hoekstra dit-il à propos du sauvetage de KLM que "nous faisons tout cela pour sauver l'entreprise et préserver autant d'emplois que possible" et non pas d'autres entreprises ? Peut-être que plus d'emplois peuvent être sauvés ailleurs avec moins d'argent.
 
Dans les cercles de La Haye, le ministère des infrastructures et de la gestion de l'eau est appelé "le ministère bleu". Les aides d'État maintiennent "notre fierté bleue dans l'air", a déclaré le ministre Van Nieuwenhuizen. De plus, non seulement KLM, mais aussi l'ensemble du secteur de l'aviation - en tant que grand pollueur, d'ailleurs - sont favorisés et injustement subventionnés, avec une TVA nulle sur les billets, des accises nulles sur le carburant (...), le secteur ne participe pas à l'accord de Paris sur le climat et ne paie pas de taxe sur le CO2.
 
Nous voyons deux problèmes. Premièrement, il n'y a pas de défaillance du marché et pourtant le gouvernement intervient. Avec des milliards. C'est une forme coûteuse d'échec du gouvernement. Et deuxièmement, KLM est traitée à tort comme (...) étant vitale pour notre économie. La première apparaît comme une naïveté ou une ignorance, un réflexe de sauvetage ? Le second est un tabou majeur à la Chambre des représentants à La Haye.
 
En se basant sur une sorte de vision étroite, La Haye a pris les mauvaises décisions. Plus des émotions primaires et des sentiments de l'instinct bleu que de la rationalité économique et du bon sens. Il est important de mener ce débat dans toute sa netteté et de remettre La Haye sur la voie de la rationalité (économique).
 
Il existe des défis sociaux majeurs (éducation, climat, coronavirus, fracture sociale croissante, etc.) où le rôle du gouvernement est indispensable et où des milliards sont impliqués. Il devrait plutôt laisser le marché faire son travail.

Mon commentaire : Le débat sur l'avenir de KLM est intense aux Pays-Bas.

Des députés ont demandé que soit réalisée une étude d'impact sur une scission du groupe Air France-KLM.  D'autres, comme dans l'article ci-dessus, s'interrogent sur la pertinence des aides accordées à KLM.

Ces interrogations sont légitimes ; le gouvernement néerlandais y a répondu en indiquant que KLM était indispensable et que son avenir était au sein du groupe Air France-KLM.

A plusieurs reprises, vous avez pu lire ici des articles faisait état des craintes de salariés de KLM sur l'avenir de leur compagnie au sein du groupe Air France-KLM. Un fidèle lecteur habitant depuis de nombreuses années aux Pays-Bas m'a un peu rassuré en m'indiquant qu'il était "surpris par le bon sens du personnel KLM sur les réseaux sociaux".

> Topman Transavia: ‘De diepte van de crisis laat zich moeilijk raden’ (PDG de Transavia : "La profondeur de la crise est difficile à deviner")

(source Het Financieele Dagblad traduit avec Deepl) 18 octobre - Transavia NL espérait dépasser la limite d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires cette année, mais la crise de la Covid-19 a fait que ce scénario de croissance a pu être rapidement abandonné. Cette année a été marquée par le code orange, le soutien du gouvernement et une forte baisse d'activité. "C'est une véritable montagne russe", déclare le PDG Marcel de Nooijer.
 
(...) Transavia NL (...) a lancé un essai dans le cadre duquel les passagers peuvent se faire livrer à bord un repas spécial par un traiteur (...). C'est l'un des moyens par lesquels Transavia NL tente de se sortir de la crise. (...)
 
Transavia NL, qui emploie 2200 personnes à temps plein, a eu recours aux aides d'état pour diminuer le coût du travail. Les investissements prévus ont été reportés et 150 travailleurs flexibles ont été renvoyés chez eux. (...) La compagnie a également abandonné un projet de location de quatre avions.
 
Transavia NL vole actuellement à 35 % de sa capacité. De plus en plus de pays relèvent du code orange et ne sont plus accessibles pour les voyages non nécessaires. (...)
 
Le gouvernement offre à la société mère de Transavia, KLM, un soutien financier en échange d'une restructuration. Comment Transavia NL progresse-t-elle dans les négociations ?
 
Nous sommes toujours en train de négocier un plan de restructuration. Un accord a été conclu avec le personnel au sol et le personnel de cabine. Nous sommes en train de discuter des conditions d'emploi avec les plus de 600 pilotes de Transavia NL. Je n'attends pas de licenciements, mais il est difficile de mesurer la profondeur de la crise. J'espère une reprise en 2023 ou 2024, mais j'ai déjà été trop optimiste.
 
Pourquoi Transavia NL va-t-elle proposer des vacances à forfait maintenant ? De nombreux prestataires sont déjà actifs dans ce domaine. Vos concurrents disent que vous bénéficiez d'une aide d'État, mais ce n'est pas le cas. Cette critique est-elle justifiée ?
 
Cette critique est étonnante. Nous l'avions prévu depuis longtemps, mais la Covid-19 n'a pas permis de le réaliser. Le marché des vacances à forfait est très dynamique. (...) N'oubliez pas que le programme d'aide du gouvernement est un prêt que nous devons rembourser. Nous devons gagner de l'argent pour cela. Proposer des vacances à forfait est un moyen d'y parvenir. Mais nous restons également un partenaire fiable pour les agences de voyage. Nous n'allons vraiment pas faire payer au client un prix différent pour nos vacances à forfait".
 
Le cabinet s'en tient à l'ouverture de l'aéroport de Lelystad. Transavia NL va-t-il y déplacer des vols ?
 
Oui, elle le fera. A long terme, Lelystad nous offre la possibilité de retrouver notre niveau d'activité. Nous avons besoin de cet aéroport pour récupérer nos créneaux horaires et nos vols de nuit. Le nombre total de vols de nuit au départ de Schiphol doit être réduit et cela nous concerne. Nous faisons souvent trois allers-retours par avion par jour et cela n'est possible que si vous volez en fin de journée. Sinon, les billets deviennent plus chers. Et l'ADN de notre entreprise est que nous voulons rendre les voyages possibles pour tout le monde, pas seulement pour les gens qui ont un portefeuille bien garni".

Mon commentaire : Pourquoi transférer des vols de Transavia NL de Schiphol vers Lelystadt ?

L'aéroport de Schiphol est arrivé à saturation en 2019.  L'activité y est plafonnée à 500.000 mouvements annuels. Il parait très difficile de modifier cette limitation sans augmenter les nuisances pour les riverains.

C'est pourquoi il est prévu d'ouvrir l'aéroport de Lelystad sur lequel seraient transférés essentiellement des "vols vacances". La décision a été repoussée à plusieurs reprises. Il faudra désormais attendre les élections législatives de mars prochain pour que le futur gouvernement prenne position.

> Delta réduit les coûts pour affronter deux années de vaches maigres

(source AFP) 13 octobre - «Bien que la route devant nous soit encore longue, (...) nous constatons des améliorations progressives de notre activité (...) », a commenté le PDG de Delta Airlines, Ed Bastian (...). Surtout, les consommateurs semblent de plus en plus confiants à l'idée de prendre l'avion en pleine pandémie, ce qui devrait permettre au secteur de sortir petit à petit la tête de l'eau.  (...) Mais un retour à la normale n'est pas attendu avant au moins deux ans (...).
 
Delta (...) a inauguré ce mardi la saison des résultats financiers du troisième trimestre pour les compagnies aériennes. Et a fait état d'une lourde perte de 5,379 milliards de dollars, à peine moins élevée que celle de 5,7 milliards enregistrée au deuxième trimestre, lorsqu'une large partie de la population mondiale était contrainte de rester à son domicile pour tenter d'endiguer la propagation du Covid-19. Quand au chiffre d'affaires, de 3 milliards de dollars, il ne représente qu'un quart de celui du troisième trimestre 2019 (...).

Pour faire face à ces vents contraires, Delta Airlines a grossi sa trésorerie, disposant de 21,6 milliards de dollars de liquidités à fin septembre, contre 15,7 milliards fin juin. Delta a en effet réussi à diminuer un peu ses pertes quotidiennes, à 24 millions de dollars par jour sur le trimestre, contre 27 millions au trimestre précédent. L'objectif est de les réduire encore de moitié, pour arriver à 10 ou 12 millions par jour en décembre (...).
 
Par ailleurs, environ 18.000 salariés de Delta ont quitté le groupe dans le cadre d'un plan de départs volontaires, ce qui a fait diminuer les coûts de personnel de 32% par rapport au troisième trimestre 2019 (...). Mais la compagnie a d'ores et déjà averti qu'elle pourrait se séparer de 1.700 pilotes au 1er novembre si elle ne réussit pas à s'entendre avec leur syndicat.
 
(...) Delta  (...), comme ses concurrentes, attend de savoir si un nouvelle aide gouvernementale leur sera accordée. Cela ne fait pas polémique sur le principe, mais, à trois semaines de l'élection présidentielle, le sujet est désormais au cœur des discussions tendues entre l'administration Trump et les élus démocrates du Congrès (...).

Mon commentaire : Les compagnies aériennes espéraient une reprise d'activité au troisième trimestre. Cela n'a pas été le cas, comme l'indiquent les résultats de Delta Air Lines.

> Canada : vers une participation de l’État dans les compagnies aériennes ?

(source Air Journal ) 19 octobre - Le gouvernement fédéral n’exclut pas une prise de participation dans des compagnies aériennes telles qu’Air Canada ou WestJet, afin de les aider à survivre à la pandémie de Covid-19.
 
L’exemple de Lufthansa, dont le gouvernement allemand détient 20% du capital en échange d’une aide de 9 milliards d’euros, a été cité dimanche par le ministre des Affaires intergouvernementales (...) : « Nous n’avons pas pris de décisions encore, mais c’est une option qui fait partie des discussions » (...). Le gouvernement fédéral pourrait décider de voler au secours des transporteurs « dans l’espoir que l’industrie soit toujours en bonne santé lorsque les effets de la pandémie se seront résorbés et que les voyageurs seront de retour dans les avions », a-t-il ajouté.
 
Mais les Air Canada, WestJet, Porter Airlines ou autres Air Transat « ne doivent pas s’attendre à obtenir un chèque en blanc », a prévenu le ministre ; elles devront « prendre leurs responsabilités dans le dossier des remboursements pour les vols annulés », et mettre fin au principe des avoirs en vigueur jusque là (...).

Mon commentaire : Pour mémoire, le sauvetage de Lufthansa évoqué dans cet article prévoit que l'État allemand prenne 20% du groupe pour 300 millions d'euros, en plus d'injecter 5,7 milliards d'euros de fonds sans droit de vote.

> La Cnil britannique réduit l'amende de British Airways, en proie à des difficultés financières

(source L’usine digitale) 16 octobre - L'Information Commissioner's Office (ICO) – l'équivalent de la Cnil au Royaume-Univient de réduire à 20 millions de livres sterling l'amende infligée à British Airways à la suite du vol de 400 000 données clients commis en 2018. A l'origine, le montant de la sanction avait été fixé à 184 millions de livres sterling, soit environ 202 millions d'euros (...).
 
Ce sont les difficultés financières engendrées par la crise sanitaire et économique liée à la Covid-19 qui ont motivé la décision l'ICO. La Cnil britannique a déclaré que la réduction de l'amende avait été approuvée par d'autres autorités de protection de données nationales (...). Mais l'ICO rappelle que la compagnie aérienne reste bien responsable de cette fuite de données, même si la sanction est plus faible.
 
"Les gens ont confié leurs données personnelles à British Airways qui n'a pas pris les mesures adéquates pour assurer la sécurité de ces données", a déclaré la commissaire de l'ICO, Elizabeth Denham, dans une déclaration. "Leur inaction était inacceptable et a affecté des centaines de milliers de personnes, ce qui a pu provoquer une certaine anxiété et une certaine détresse. C'est pourquoi nous avons infligé à BA une amende de 20 millions de livres sterling, la plus importante à ce jour. Lorsque des organisations prennent de mauvaises décisions concernant les données personnelles des gens, cela peut avoir un réel impact sur la vie des gens (…)", a-t-elle poursuivi.
 
Certes, cette amende de 20 millions de livres sterling est la plus élevée jamais imposée par l'ICO... mais c'est un grand pas en arrière par rapport aux 184 millions précédemment infligés, somme qui représentait tout de même 1,5% des revenus de la compagnie en 2018.

> La compagnie aérienne charter allemande Condor reçoit une nouvelle aide

(source La Quotidienne) 14 octobre - En proie à d’importantes difficultés financières, Condor a dû demander l’aide du gouvernement allemand, qui vient de lui accorder une ligne de crédit de 256 millions d’euros.

Mon commentaire : En avril, la compagnie aérienne charter allemande Condor, anciennement filiale de Thomas Cook, avait déjà reçu 550 millions d'euros de prêts garantis par les pouvoirs publics allemands.

> Ryanair réduit encore ses capacités pour l'hiver

(source L’antenne) 16 octobre - Ryanair va de nouveau réduire ses capacités de vols et les faire passer cet hiver à 40 % du niveau de l'an passé pour la période, contre 60 % initialement prévu. La compagnie irlandaise ajoute que ses bases de Cork et Shannon, en Irlande, et celle de Toulouse vont fermer pour la saison, soit de novembre à mars.

La compagnie low-cost va aussi réduire drastiquement le nombre d'appareils dans les bases de Belgique, Allemagne, Espagne, Portugal et Vienne. Le transporteur veut maintenir 65 % de son réseau mais avec une fréquence réduite en misant sur un taux de remplissage de 70 %. Ryanair annonçait fin septembre l'ouverture d'une nouvelle base à Beauvais en décembre.

> Norwegian : menace sur Londres-Gatwick, 787 vendus

(source Air Journal) 14 octobre - La compagnie aérienne low-cost Norwegian Air Shuttle envisage de licencier un quart de son personnel basé à l’aéroport de Londres-Gatwick, alors qu’elle intensifie ses efforts de réduction des coûts afin de survivre à la pandémie de Covid-19. Elle a d’autre part revendu à Neos  deux de ses Boeing 787-9 Dreamliner.
 
Inaugurée en 2015, la base de la spécialiste norvégienne du vol pas cher à Gatwick est désormais l’objet de 45 jours de négociations avec les syndicats concernant l’avenir des 1142 employés. Un porte-parole a confirmé qu’environ 259 postes, principalement de pilotes, hôtesses de l’air et stewards, étaient visés par la mesure.
 
Norwegian  (...), au printemps, avait licencié ou mis à pied 90% de ses effectifs, soit 7300 employés dont certains ont été rappelés durant l’été quand elle a relancé des opérations limitées (...).
 
Rappelons que Norwegian avait acquis en décembre dernier six paires de créneaux à Heathrow, dans l’espoir d’y lancer à  l’été 2020 une route a priori vers Orlando ; la crise sanitaire a bien sûr mis fin à ses plans, et elle a rendu les slots en février (...).

> Le Boeing 737 MAX est "sûr", selon le patron du gendarme aérien européen

(source Reuters) 19 octobre - L'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) s'estime satisfaite des modifications apportées au Boeing 737 MAX. "Notre analyse montre qu’il est sûr, et que le niveau de sécurité atteint est suffisamment élevé pour nous", a déclaré Patrick Ky, directeur exécutif de l'EASA, dans un entretien avec l'agence Bloomberg vendredi 16 octobre. L'EASA pourrait ainsi publier en novembre un projet de directive de navigabilité sur le 737 MAX. (...)
 
Le patron de l'EASA a tout de même souligné l'importance de développer un nouveau "capteur synthétique" pour améliorer la redondance des systèmes de l'avion en cas de dysfonctionnement sur les deux sondes d'angle d'attaque. "Nous pourrions atteindre des niveaux de sécurité encore plus élevés", a justifié Patrick Ky. Toutefois, le développement de ce nouveau capteur devrait seulement aboutir en 2022 pour la certification de la version 737 MAX 10.
 
Aux États-Unis, American Airlines a annoncé le 18 octobre qu'elle prévoyait de remettre en service ses Boeing 737 MAX pour des vols commerciaux d'ici à la fin de l'année 2020. Cette mesure reste soumise à nouvelle autorisation de vol de l'avion aux États-Unis par l'administration fédérale de l'aviation (FAA). (...) La compagnie précise qu'elle préviendra les passagers qu'ils volent à bord d'un 737 MAX.

Mon commentaire : Je suis surpris que le Boeing 737 Max soit remis en service alors que des améliorations portant sur le système incriminé dans les deux accidents mortels soient en cours de développement. D'autant plus que le manque de redondance des systèmes avait été mis en évidence dès le début des enquêtes.

> Couvre-feu en France : pas d’impact sur le transport aérien

(source Air Journal) 16 octobre - Le couvre-feu de 21h00 à 6h00 mis en place en France à partir du samedi 17 octobre 2020 ne devrait pas avoir d’impact sur les passagers dont les vols décollent ou atterrissent le soir. Le Premier ministre Jean Castex a annoncé jeudi que parmi les dérogations à la règle figure bien la détention d’un billet d’avion (ou de train), y compris pour les accompagnants – avec présentation obligatoire en cas de contrôle (...)

La compagnie aérienne Air France a entre autres confirmé hier que son programme de vols ne sera pas impacté par le couvre-feu (...).


Article Bonus

> Dépistage Covid : Les tests antigéniques lancés d'ici fin octobre dans les aéroports français

(source La Montagne) 16 octobre - "Nous sommes en train de gagner la bataille des délais en matière d'accès aux tests", avait assuré jeudi 15 octobre  le ministre de la Santé Olivier Véran.
 
Des tests antigéniques vont être lancés d'ici fin octobre dans les aéroports français, a annoncé dès le lendemain sur Cnews le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari. Moins performants que les tests PCR mais beaucoup plus rapides, ils sont déjà expérimentés en Île-de-France, dans 80 Ehpad.
 
Réclamé par le tourisme et les transports aériens
"On va les lancer dans les aéroports, notamment au départ vers des destinations comme les États-Unis ou l'Italie et à l'arrivée sur des pays rouges, de manière à ce qu'on n'ait plus des personnes qui rentrent de pays rouge dans le territoire français sans être testées", a expliqué Jean-Baptiste Djebbari. "Tout cela a vocation à monter en puissance dès lors que c'est autorisé, que c'est fiable, que c'est sûr et que ça permet d'améliorer la fluidité et la sécurité des déplacements."
 
Les grands acteurs du tourisme, des transports aériens aux voyagistes en passant par l'hôtellerie-restauration, avaient demandé mercredi au gouvernement l'instauration de tests rapides dans les aéroports pour faciliter les voyages.
 
Des résultats connus en 10 à 30 minutes
La Haute autorité de santé (HAS) a rendu le 9 octobre un avis "favorable" à l'usage des tests antigéniques, leur reconnaissant une performance "globalement satisfaisante". Ils sont utiles, a bien précisé l'HAS, pour "détecter de façon sensible les sujets infectés avec une forte charge virale, c'est-à-dire les sujets les plus contagieux."
 
Le test est effectué dans les narines à l'aide d'un écouvillon, comme les tests dits RT-PCR, qui donnent actuellement les résultats les plus performants. Mais les tests antigéniques ne nécessitent pas d'analyse en laboratoire et le résultat peut être connu en 10 à 30 minutes.
 
"Testé chez le médecin d'ici quelques semaines"
"Nous disposons désormais de toutes les recommandations pour permettre prochainement aux hôpitaux mais aussi aux médecins libéraux, aux pharmaciens d'officine, aux infirmiers libéraux de pouvoir acquérir ces tests ainsi que le matériel de protection adéquat pour pouvoir réaliser directement ces prélèvements", a annoncé Olivier Véran.
 
"On peut même escompter que d'ici à quelques semaines, une personne qui aurait de la fièvre avec des signes respiratoires puisse être testée directement chez son médecin si celui-ci participe à ce mouvement de tes antigénique."
 
Qu'est-ce qu'un test antigénique ? 
Comme le test RT-PCR, le test antigénique s’effectue par prélèvement avec des écouvillons dans les narines, le plus souvent. Comme son nom l’indique, le test s’intéresse à l’antigène : l’endroit où se fixent les anticorps que nous produisons pour lutter contre le virus.
 
Les tests antigéniques ont le même but que le test de référence actuel, le RT-PCR : savoir si oui ou non, on est contaminé, au moment où l’on fait le test. Ce sont les protéines virales qui sont cherchées, à la différence du test PCR, qui recherche le code génétique du virus (ARN), et du test sérologique, qui sonde les anticorps. Le test antigénique ne peut déterminer si une personne a été infectée par le passé.
 
Contrairement aux tests RT-PCR, les tests antigéniques livrent des résultats plus rapides, sur une bandelette qui se colore. C’est le même principe qu’un test de grossesse.

Mon commentaire : L'instauration en France de tests rapides était attendue. La prochaine étape sera d'harmoniser cette procédure au sein de l'ensemble des pays européens, puis dans le reste du monde.


Revue de presse boursière

> Les fonds propres d'Air France-KLM devront être renforcés - APE

(source Reuters) 15 octobre - Les fonds propres d'Air France-KLM AIRF.PA devront être renforcés mais la date et le montant seront à déterminer avec la direction du groupe, a déclaré jeudi à des journalistes Martin Vial, le commissaire aux participations de l'État.
 
Ce renforcement à venir déterminera l'évolution de la gouvernance du groupe, a ajouté le patron de l'Agence des participations de l'État.
 
Comme les autres acteurs du transport aérien, Air France-KLM est frappé de plein fouet par les conséquences de la pandémie de coronavirus. Sa survie à court terme est assurée par le soutien financier des gouvernements français et néerlandais avec des prêts cumulés de 10,4 milliards d'euros.

Précisions sur les fonds propres :

Définition de fonds propres (source : droit-finances_com)
Les fonds propres sont un terme issu du langage comptable et financier qui désigne les capitaux propres apportés par les actionnaires d'une société. Ces fonds propres sont apportés sous forme de somme d'argent au moment de la constitution de la société ou ultérieurement. Il peut aussi s'agir des dividendes non redistribués et laissés à disposition de la société. Le rôle des fonds propres est double. D'une part, ils servent à financer une partie de l'investissement. D'autre part, ils servent de garantie aux créanciers de la société qui acceptent de financer l'autre partie de l'investissement.


Pour faire simple, le capital social d'une entreprise représente les fonds apportés lors de sa création. Les fonds propres sont initialement égaux au capital social. Puis, année après année, on y ajoute (entre autres) les bénéfices et les pertes. Lorsqu'une entreprise enchaine les années déficitaires, elle diminue ses fonds propres.

Dans la situation actuelle, les compagnies aériennes enregistrent des pertes qui viennent diminuer considérablement leurs fonds propres.


Fin de la revue de presse

> Mon commentaire sur l'évolution du cours de l'action Air France-KLM

L'action Air France-KLM est à 3,222 euros en clôture lundi 19 octobre. Elle est en hausse de +3,63% sur une semaine.

Avant l'épidémie de coronavirus, l'action Air France-KLM était à 9,93 euros.

La moyenne (le consensus) des analystes pour l'action AF-KLM est à 3,03 euros. L'objectif de cours le plus élevé est à 5 euros, le plus bas à 1 euro. Vous pouvez retrouver sur mon blog le détail du consensus des analystes. Je ne prends plus en compte les opinions d'analystes antérieures au début de la crise sanitaire.


Le baril de pétrole Brent
(mer du nord) est en hausse de 1$ à 42$. Au début de l'épidémie de coronavirus, il était à 69$.

Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter des actions Air France-KLM.

Vous pouvez réagir à cette revue de presse ou bien me communiquer toute information ou réflexion me permettant de mieux conduire ma fonction d'administrateur du groupe Air France-KLM.

Vous pouvez me poser, par retour, toute question relative au groupe Air France-KLM ou à l'actionnariat salarié...

A bientôt.

Pour retrouver les dernières revues de presse du lundi, c'est ici

Si vous appréciez cette revue de presse, faites la circuler.

Les nouveaux lecteurs pourront la recevoir en me communiquant l'adresse email de leur choix.

| François Robardet

Administrateur Air France-KLM représentant les salariés actionnaires PNC et PS.
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