Rendre des créneaux ?

photo François Robardet, Administrateur Air France-KLM I Lettre de l'Administrateur Air France-KLM

François Robardet Représentant des salariés et anciens salariés actionnaires PS et PNC

N°795, 15 février 2021
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La Revue de Presse du lundi

> EU: wie steun wil, moet 'slots' inleveren (Ceux qui veulent un soutien doivent rendre des créneaux)

(source NRC traduit avec Deepl) 11 février - Quelle compagnie aérienne est autorisée à atterrir à Schiphol chaque lundi matin à 9 heures ? Quelle compagnie aérienne peut décoller de Paris Charles de Gaulle chaque mardi soir à 20 heures ?
 
De tels exemples semblent sans importance à un moment où l'aviation est pratiquement au point mort à cause de la couronne. Mais dans l'aviation européenne, ces "créneaux", comme on appelle les accords que les compagnies aériennes concluent avec les aéroports, font l'objet d'une bataille acharnée. Quand, où et avec quel avion peuvent-elles atterrir et décoller ?
 
Les créneaux horaires peuvent valoir des millions. Ils font l'objet d'un commerce animé : l'allocation est strictement réglementée. Les créneaux horaires vont également se raréfier. Si l'aviation doit réduire son activité afin de diminuer les nuisances pour les habitants et les émissions de CO2, le nombre de décollages et d'atterrissages diminuera tout simplement.
 
La Commission européenne joue un rôle central dans la bataille actuelle pour les créneaux horaires. La Commission exige que les compagnies aériennes qui souhaitent bénéficier de nouvelles aides publiques renoncent éventuellement à certains créneaux horaires. Il s'agit de ce que l'on appelle des "remèdes" aux aides d'État. En mai, par exemple, la Commission a décidé que le gouvernement allemand pourrait accorder 9 milliards d'euros à Lufthansa, mais que la compagnie aérienne devrait alors renoncer à des créneaux dans les aéroports de Francfort et de Munich.
 
Avec les remèdes, Bruxelles espère maintenir le marché européen ouvert dans une certaine mesure, même si toutes les compagnies aériennes ne reçoivent pas le même montant de soutien.
(...)
Selon des informations parues dans la presse financière française, la Commission européenne va également exiger d'Air France-KLM qu'elle renonce à ses créneaux horaires. Début février, le journal économique La Tribune a parlé de 24 créneaux horaires quotidiens dans le deuxième aéroport de Paris, Orly. Ce serait un revers pour Air France. La compagnie espérait utiliser davantage Orly pour les vols loisirs de sa filiale Transavia.
 
Bien que la Commission européenne n'ait pas encore publié les conditions, le ministre français Jean-Baptiste Djebbari (Transports) a déjà réagi négativement. Selon lui, les conditions de la Lufthansa ne devraient pas être adoptées comme modèle, a déclaré M. Djebbari dans une interview à la chaîne d'affaires Bloomberg TV. Nous voulons quelque chose de proportionnel qui tienne compte non seulement de la concurrence, mais aussi de la "réalité sociale" dans le secteur de l'aviation".
 
Le ministre français a fait valoir que ce sont précisément les compagnies aériennes à bas prix qui se livrent une concurrence déloyale (...).
 
Le gouvernement néerlandais semble également s'attendre à ce que la Commission européenne exige de KLM qu'elle renonce à ses créneaux horaires. Lors d'un débat au Parlement néerlandais sur les participations de l'État, le ministre Wopke Hoekstra (Finances, CDA) a déclaré qu'il pensait que cette demande était logique (...).

Mon commentaire : Il est difficile d'accepter le point de vue de la Commission Européenne. Pense-t-elle vraiment qu'elle va aider les compagnies aériennes à survivre en les privant d'une part notable de leur activité ?

D'autres voies sont possibles. Il suffit de regarder de l'autre côté de l'Atlantique.

Aux États-Unis, 40 milliards de dollars avaient été alloués aux compagnies aériennes en 2020. Les aides étaient conditionnées à une absence de licenciements. Et comme elles ne suffisent pas, la chambre des représentants va proposer une nouvelle enveloppe d'aide d'un montant de 14 milliards de dollars pour les compagnies aériennes.

Les règles que la Commission Européenne édicte laissent penser qu'elle ne croit pas dans le redressement des compagnies aériennes.

> Air France-KLM : vers une filière hydrogène aéroportuaire

(source CercleFinance) 11 février - La Région Île-de-France, Choose Paris Region, le Groupe ADP, Air France-KLM et Airbus lancent un appel à manifestation d'intérêt (AMI) inédit pour explorer les opportunités offertes par l'hydrogène sur les aéroports franciliens et relever le défi de la décarbonation des activités du transport aérien.

Cet appel à manifestation d'intérêt international s'inscrit dans la stratégie de transition énergétique, engagée en France et appuyée par la Commission Européenne, qui va se poursuivre avec l'arrivée de l'avion zéro-émission annoncée pour 2035.
 
Conscients que l'avènement de l'hydrogène va bouleverser la manière de concevoir et d'exploiter les infrastructures aéroportuaires, les partenaires veulent anticiper et accompagner les évolutions qui devraient permettre de transformer les aéroports parisiens en véritables 'hubs hydrogène'.
(...)
Les cinq partenaires partagent une ambition commune visant à identifier et à qualifier les avancées de la recherche et les technologies, puis à tester les solutions, économiquement viables, qui répondront aux usages de l'hydrogène sur un aéroport afin d'en préparer, à moyen terme, la distribution et l'utilisation à plus grande échelle, notamment en vue d'accueillir le futur avion à hydrogène.
 
Inédit dans l'industrie du transport aérien, cet appel à manifestation d'intérêt s'articule selon trois thématiques :
- le stockage, le transport et la distribution de l'hydrogène (gazeux et liquide) en milieu aéroportuaire (systèmes de stockage, micro-liquéfaction, avitaillement des avions, etc.) ;
- la diversification des usages de l'hydrogène dans les domaines aéroportuaire et aéronautique (véhicules et engins d'assistance en escale, transports ferrés sur les aéroports, alimentation énergétique de bâtiments ou d'avions lors des opérations en escale, etc.) ;
- l'économie circulaire autour de l'hydrogène (récupération de l'hydrogène dissipé lors d'un avitaillement en hydrogène liquide, valorisation d'un co-produit d'une réaction en vue de produire de l'hydrogène décarboné, etc.). (...)

Mon commentaire : Pourquoi l'Hydrogène ? Petit rappel (source Les Échos)

L'hydrogène peut être stocké en grandes quantités, ce qui n'est pas encore le cas de l'électricité, malgré les progrès du stockage par batteries. L'hydrogène peut ensuite être reconverti en électricité, jouant ainsi un rôle crucial dans la perspective du développement massif des énergies renouvelables.

Les énergies éolienne et solaire sont par nature intermittentes et non pilotables : le soleil ne brille pas 24 heures sur 24 et le vent ne souffle pas toujours. L'hydrogène permettra de stocker l'électricité produite en excédent à certains moments et de la restituer ultérieurement.

> Premier vol avec du kérosène synthétique avec KLM

(source Le Journal de l'Aviation) 8 février - KLM, Shell et le gouvernement néerlandais ont annoncé le 8 février, à l'occasion d'une conférence internationale sur les carburants durables d'aviation à La Hague, que KLM avait réalisé le premier vol au monde partiellement alimenté avec du kérosène synthétique. Il a eu lieu au mois de janvier entre Amsterdam et Madrid, en Boeing 737-800. Pour ce premier essai, 500 litres de carburant synthétique avaient été mélangés au kérosène classique.
 
Les partenaires expliquent que ce kérosène synthétique a été produit à partir de CO2, d'eau et d'énergies renouvelables, dans les installations de Shell à Amsterdam. Le géant de l'énergie commence par récupérer les molécules de dihydrogène de l'eau par électrolyse (le système étant alimenté par de l'électricité produite par des panneaux photovoltaïques et des éoliennes) et les porte à haute température avec du CO², issu des émissions de ses raffineries et de déchets agricoles. Le gaz synthétique est catalysé en solide puis subit un hydrotraitement pour se présenter sous la forme liquide recherchée.
 
Pieter Elbers, le CEO de KLM, se félicite que la compagnie ait ouvert la voie et démontré la faisabilité de l'utilisation de ce carburant synthétique en aviation, dont il estime qu'il est plein de promesses pour rendre l'aviation plus verte en attendant les avions du futur. « Le renouvellement de la flotte a contribué de manière significative à la réduction des émissions de CO2, mais l'augmentation de la production et de l'utilisation de carburant durable d'aviation feront la plus grande différence pour la génération actuelle d'avions », commente-t-il.
 
Comme les carburants durables d'aviation, le kérosène synthétique n'est pas près de remplacer le kérosène classique. L'industrie de l'énergie doit encore trouver les moyens de le produire à grande échelle et de façon commercialement rentable. (...)

Le gouvernement néerlandais est prêt à appuyer ce type d'initiatives afin de se diriger au plus vite vers l'objectif européen de faire voler les compagnies européennes avec du carburant durable (biocarburant ou kérosène synthétique) d'ici 2050.

Mon commentaire : Les motoristes garantissent déjà que leurs moteurs peuvent fonctionner avec 50% de biocarburant. A ce jour sept filières de production sont certifiées.

Le kérosène synthétique est quant à lui fabriqué à partir de CO² récupéré dans l'atmosphère. Il s'agit de la solution la plus prometteuse pour produire du kérosène vert. La principale contrainte est de disposer de suffisamment d'électricité verte pour le produire.

> Kenya Airways stapt uit KLM-spaarprogramma BlueBiz (Kenya Airways se retire du programme de fidélité BlueBiz de KLM)

(source Luchtvaartnieuws traduit avec Deepl) 10 février - Kenya Airways ne sera plus partenaire du programme BlueBiz à partir du 28 février. Le retrait des Kenyans signifie que le programme BlueBiz comprendra désormais quatre compagnies aériennes : KLM, Air France, China Eastern Airlines et China Southern Airlines.
 
BlueBiz est le programme d'épargne de KLM qui permet aux entreprises d'obtenir des Blue Credits qu'elles peuvent ensuite dépenser pour acheter de nouveaux billets d'avion. Un crédit équivaut à un euro.
 
La disparition de Kenya Airways signifie que les compagnies membres de BlueBiz ne peuvent plus réserver de vols avec des Blue Credits et ne peuvent plus économiser de crédits. Une exception est faite pour les vols opérés par Kenya Airways en partage de code avec les autres compagnies aériennes, et qui sont par exemple réservés auprès de KLM.
 
Pour l'instant, Kenya Airways continuera à participer à Flying Blue, le programme de fidélité d'Air France-KLM. (...)
 
À la fin de l'année dernière, Air France-KLM et Kenya Airways ont annoncé qu'elles allaient dissoudre leur entreprise commune en 2021. Par conséquent, la coopération sera moins étroite sur les vols entre l'Europe et l'Afrique.

Mon commentaire : BlueBiz est un programme de fidélité Air France-KLM spécialement conçu pour les petites et moyennes entreprises. Les primes ne sont pas nominatives, les entreprises peuvent en disposer librement pour tous leurs collaborateurs.

> British Airways veut assurer des vols grâce à du carburant «propre» dès 2022

(source Le Figaro avec AFP) 9 février - British Airways (BA), filiale du groupe IAG, indique dans un communiqué qu'elle va investir un montant non dévoilé dans LanzaJet, une jeune société qui va lancer cette année la construction dans l'État de Géorgie de sa première usine commerciale.
 
Créée en 2020, LanzaJet est spécialisée dans le carburant pour le transport aérien à partir d'éthanol (qui provient notamment de déchets agricoles) mélangé à de l'essence, ce qui le rend moins polluant. Utiliser ce carburant engendre une réduction de plus de 70% des émissions de gaz à effet de serre, par rapport au kérosène traditionnel, ce qui revient à retirer de la route 27.000 voitures à essence ou diesel chaque année, assure BA.
 
L'objectif est d'acheter du carburant à cette start-up, qui compte parmi ses investisseurs le conglomérat japonais Mitsui et le pétrolier canadien Suncor, afin d'alimenter certains avions de la flotte de la compagnie à partir de fin 2022. L'accord prévoit également d'examiner la possibilité de construire une usine de production au Royaume-Uni. Ce partenariat doit contribuer à atteindre l'objectif que s'est fixé la compagnie d'être neutre en carbone d'ici 2050. Il s'ajoute à celui déjà en place avec une autre société, Velocys, qui consiste à construire une usine au Royaume-Uni qui produira à partir de 2025 du carburant propre à partir de déchets émis par des particuliers ou des entreprises.
(...)
En attendant les carburants «propres», British Airways précise prendre déjà des mesures pour réduire son empreinte carbone, en utilisant des avions moins gourmands en carburant, ou encore en ayant recours à des mécanismes de compensation. Ces derniers, contestés par les ONG, consistent à financer des projets verts pour équilibrer les émissions. Et à plus long terme, la compagnie travaille sur des solutions technologiques comme des avions non polluants volant à l'hydrogène, ou encore du captage de CO2.

Mon commentaire : British Airways fait le même constat que le groupe Air France-KLM.

Pour atteindre les objectifs de réduction de gaz à effet de serre fixés par les accords de Paris, elle doit prendre des mesures sans attendre les évolutions envisagées par les avionneurs et les motoristes.

> Singapore Airlines convertit des 787-10 en 777-9 et reporte des investissements pour la flotte

(source Le Journal de l'Aviation) 9 février - Singapore Airlines a annoncé le report de plus de 3 milliards de dollars de dépenses en avions au-delà de 2025, après avoir révisé son calendrier de livraison avec Airbus et Boeing.
 
Le transporteur singapourien a également revu son carnet de commandes auprès de Boeing, convertissant quatorze Boeing 787-10 en onze 777-9 supplémentaires pour répondre aux besoins de sa flotte à long terme, au-delà de l'exercice financier 2025/26.
 
Son carnet de commandes pour le 777-9 atteint ainsi 31 appareils. (...)

Mon commentaire : Singapore Airlines a été une des premières compagnies aériennes à avoir fait l'objet d'une recapitalisation à la fin du premier semestre 2020 (plus de neuf milliards d'euros).

L'absence de reprise d'activité conduit la compagnie asiatique à trouver de nouveaux moyens pour préserver ses liquidités financières.

> CMA CGM lâche Air Caraïbes et se lance dans le fret aérien en solo

(source La Tribune) 12 février - Coup dur pour Air Caraïbes et French Bee, les deux compagnies aériennes du Groupe Dubreuil. Le mariage avec CMA CGM est tombé à l'eau. Le protocole d'accord signé en septembre entre CMA CGM et le groupe Dubreuil sur la prise par le géant du maritime de 30% du capital de Groupe Dubreuil Aero (GDA) n'aura pas lieu. Dévoilée ce vendredi par le Figaro, l'information est confirmée par le géant du maritime. Le CMA CGM tentera son aventure dans le fret aérien en solo en créant une division de cargo aérien baptisée CMA CGM Air Cargo, composée, selon nos informations (...) de quatre Airbus A330-200, tous exploités par Air Belgium, une compagnie aérienne basée à Liège.
(...)
Selon certaines sources, le renoncement à entrer au capital d'Air Caraïbes s'explique par la détérioration des relations entre le président de CMA CGM, Rodolphe Saadé, et le président du Groupe Dubreuil, Jean-Paul Dubreuil, deux personnages à la personnalité affirmée.
(...)
Le sauvetage de Corsair a, par ailleurs, changé l'équation économique du couple Air Caraïbes-French Bee. Le maintien d'un opérateur supplémentaire sur les Antilles et La Réunion est forcément moins rémunérateur, et ne peut qu'influer sur la "valorisation" des compagnies du Groupe Dubreuil.
(...)
Un divorce avec CMA CGM est un coup très dur pour Air Caraïbes et French Bee. Non seulement elles perdent l'appui d'un groupe extrêmement solide qui leur assurait de passer la crise du transport aérien sans encombre, mais elles sont confrontées à des concurrents renforcés par des plans de sauvetage impliquant l'État (Air France, Corsair, Air Austral), alors qu'ils étaient avant la crise en moins bonne situation. En effet, depuis des années, Air Caraïbes et French Bee sont les compagnies aériennes françaises les plus performantes. Le coup est d'autant plus dur que le trafic vers les Antilles et la Réunion, relativement résilient jusqu'ici est à son tour frappé de plein fouet par les restrictions de voyage drastiques.

> Boeing : Emirates ne s'attend pas à recevoir son premier 777X avant 2024

(source Boursier com) 10 février - Le président d'Emirates Airlines ne pense pas qu'il recevra ses premiers 777X avant le premier trimestre 2024. Boeing a récemment repoussé d'un an, à fin 2023, au plus tôt, les premières livraisons de son futur gros-porteur. Le géant américain a également enregistré une charge de 6,5 milliards de dollars sur le programme en raison d'une demande plus faible que prévu et d'un processus de certification plus long et plus coûteux. "Le 777x devait arriver en juin de l'année dernière. Maintenant, il est peu probable qu'il le soit, je pense, avant le premier trimestre 2024", a déclaré Tim Clark lors d'un sommet virtuel organisé par le cabinet de conseil en aviation CAPA.
 
Le 777X sera le premier avion de Boeing à être certifié depuis l'affaire du 737 MAX et la mise en cause des relations entre l'entreprise de Seattle et l'administration fédérale américaine de l'aviation (FAA).
 
Emirates avait initialement commandé 150 exemplaires de la série 777X, qui peut accueillir jusqu'à 406 personnes, avant de revoir ses ambitions à 126 unités. Qatar Airways, Etihad Airways, British Airways, Cathay Pacific Airways ou encore Singapore Airlines figurent également parmi les compagnies ayant opté pour le 777X.

> Abandon du T4 de l'aéroport de Roissy : d'autres projets d'agrandissement en sursis ?

(source Le Figaro) 10 février - «Cet aéroport doit s'adapter au monde de demain»: Barbara Pompili réagit à l’abandon du projet de Terminal 4 à Roissy
«On regarde au cas par cas, il faut qu'on s'adapte pour voir si les projets sont en adéquation [avec la politique environnementale]». Interrogée ce vendredi 12 février sur RTL, la ministre de la Transition Écologique Barbara Pompili est revenue sur son annonce de la veille, à savoir l'abandon du projet d'agrandissement de l'aéroport de Roissy. La construction d'un quatrième terminal (T4) est jugée «obsolète», et doit à ce titre être bloquée - ou tout du moins amendée, le gouvernement ayant demandé à Aéroports de Paris (ADP), de présenter un nouveau projet «cohérent avec les objectifs de lutte contre le changement climatique».
 
ADP est loin d'être le seul groupe aéroportuaire à voir son projet d'agrandissement tanguer. Selon un calcul du Parisien, 9 des 15 aéroports les plus fréquentés de l'Hexagone prévoient un agrandissement. Or c'est bien cette dynamique que le projet de loi «climat et résilience», porté par Barbara Pompili et présenté en conseil des ministres le mercredi 10 février, tente d'enrayer.
 
Le texte inspiré des conclusions de la convention pour le climat prévoit en effet que les projets d'agrandissements d'aéroports soient assez strictement limités. À partir de 2022, ces projets «ne pourront être déclarés d'utilité publique en vue d'une expropriation s'ils ont pour effet d'entraîner une augmentation nette, après compensation, des émissions de gaz à effet de serre» du secteur aérien. Barbara Pompili souhaite ouvrir la voie aux «aéroports de demain, capable d'accueillir des avions au carburant plus vert. On peut faire des grands projets mais pas en bétonnant les sols», assure-t-elle.
 
Certains projets vont-ils donc subir le même sort que le T4 de Roissy ? L'Aéroport Nice Côte d'Azur, troisième hub international français (après Charles de Gaulle et Orly) doit doter son terminal 2 d'une extension de 25 000 m², avec six nouvelles portes d'embarquement.
(...)
Toujours en Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'aéroport Marseille-Provence a obtenu son permis de construire fin 2020 pour une extension qui doit augmenter sa capacité d'accueil. L'aéroport qui reçoit 10 millions de passagers par an actuellement espère atteindre une capacité de 18 millions de personnes en 2045.
 
Le projet d'extension de l'aéroport Lille-Lesquin fait lui aussi l'objet de débats concernant son impact environnemental. Porté par Eiffage, il prévoit de doubler la superficie de l'aéroport pour lui permettre d'accueillir quatre millions de passagers par jour d'ici 2039, contre 2 millions actuellement
(...)
Pour Emmanuel Brehmer, président du directoire de l'aéroport Montpellier-Méditerranée, l'extension est urgente : «La Métropole a besoin d'un aéroport à plus de 3 millions de passagers», estime-t-il, alors que l'aéroport de Montpellier a déjà inauguré un agrandissement en 2019.
 
La règle générale posée par la future loi, à savoir le respect d'un impératif environnemental pour tout chantier, connaît plusieurs exceptions. Le texte de loi précise en effet que le projet d'agrandissement de l'aéroport de Nantes-Atlantique pourra être mené à bien sans tenir compte des nouvelles exigences. En abandonnant le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes en 2018, contesté par des activistes en ayant fait une Zone à Défendre (ZAD) depuis une décennie, L’État avait en effet décidé de l'agrandissement de cet aéroport en contrepartie. Le projet permettra d'augmenter la surface de l'aéroport Nantes-Atlantique de 30% d'ici 2025, et de lui permettre d'accueillir 11 millions de passagers en 2040, contre environ 7 millions actuellement.
 
Pareillement, l'agrandissement de l'aéroport de Bâle-Mulhouse ne devrait pas tomber sur le coup de cette nouvelle loi. L'EuroAirport doit voir la surface de son aérogare augmenter de 30% en raison de l'afflux de nouveaux passagers. Le terminal actuel, mis en service en 2000, n'accueillait que 2,5 millions de passagers alors que ce chiffre sera de plus de 10 millions après 2020, selon des projections.
 
Les aéroports ultramarins sont également exclus de la nouvelle réglementation et pourront poursuivre leurs agrandissements, rendus nécessaires sur plusieurs territoires en raison de l'afflux touristique. L'aéroport Roland-Garros de Saint-Denis de La Réunion est notamment en travaux pour être en capacité d'accueillir 3,2 millions de passagers par an en 2022. L'aéroport Martinique Aimé Césaire prévoit également une extension de 20.000 mètres carrés à échéance 2022.
(...)
Faut-il encore que le Parlement vote cet article tel quel, alors qu'il devrait faire l'objet d'intenses tractations politiques au regard de l'importance des aéroports régionaux pour les économies locales. Le vote est prévu d'ici septembre 2021.

Mon commentaire : Avant même la crise sanitaire, le projet de terminal 4 à l'aéroport Charles de Gaulle ne faisait l'unanimité. Son abandon n'est pas une surprise.

Qu'en sera-t-il pour les autres projets d'agrandissement d'aéroports en France ?

Je n'ai pas d'avis sur chacun de ces projets. Je peux simplement rappeler ce que j'écrivais en février 2020 suite à l'annonce de l'arrêt du projet d’extension de l’aéroport d’Heathrow :
"La décision de la justice britannique ne me surprend pas. Ces dernières années, dans des situations similaires (Mexico, Londres, Munich, Nantes, Schiphol, Francfort, ...), les projets permettant une augmentation du trafic ont été soit suspendus, soit annulés. L'impact sur l'environnement était généralement la première raison invoquée."

> L'Europe révise de nouveau la règle sur l'utilisation des créneaux aéroportuaires

(source Le Journal de l'Aviation) 11 février - Le Parlement européen a actualisé la règle sur l'utilisation des créneaux aéroportuaires sur les aéroports européens à compter du 27 mars et pour la saison été IATA.
 
Si elles souhaitent conserver leurs créneaux pour la saison suivante, les compagnies aériennes devront les utiliser à 50%, au lieu des 80% requis avant la pandémie. Le Parlement s'est basé sur les prévisions d'Eurocontrol, qui table sur un trafic réduit de moitié par rapport à l'été 2019.
(...)
Le Parlement permettra par ailleurs à la Commission européenne d'étendre ou non ses règles à d'autres saisons et d'ajuster le taux d'utilisation en fonction de l'évolution du trafic. Le Conseil doit encore valider cette décision.
 
A4E - à l'exception de Ryanair - a déjà salué la décision, tout en soulignant l'urgence de son application et la nécessité d'assurer une réciprocité avec les pays hors UE.

Mon commentaire : Depuis le début de l'épidémie de Covid-19, avant chaque saison IATA, les modifications des règles d'utilisation des créneaux aéroportuaires étaient soumises à un vote du Parlement Européen. Ce long processus obligeait les compagnies aériennes à élaborer tardivement leurs programmes de vol.

Cela ne sera plus le cas. La Commission Européenne aura toute latitude pour ajuster les règles en fonction de l'évolution de la crise sanitaire, es

> Comment le Covid permet aux compagnies aériennes de reprendre la main sur leurs itinéraires

(source Les Échos) 13 février - Impossible de s'en rendre compte à l'œil nu, mais de nombreux changements sont à l'œuvre dans les airs, alors que les voyages en avion se réduisent comme peau de chagrin. Au cours des semaines à venir, les contrôleurs du ciel vont donner aux pilotes effectuant des liaisons transatlantiques la possibilité de sortir des sentiers battus et de choisir leurs propres parcours.
(...)
Conséquences attendues : la réduction des émissions de dioxyde de carbone, et d'énormes économies de carburant pour les compagnies aériennes. En temps normal, les avions reliant l'Europe à l'Amérique du Nord, l'une des routes les plus fréquentées au monde avant la pandémie avec environ 1.700 vols quotidiens, suivaient une sélection d'itinéraires prédéfinis, formant un réseau routier bien tracé. Pour Xavier Tytelman, consultant aéronautique et président d'Aviation NXT, c'est une petite révolution : « les pilotes vont pouvoir choisir l'altitude et les routes les plus adaptées, alors qu'auparavant, il y avait beaucoup d'itinéraires auxquels ils n'avaient pas accès ».
 
L'expérience, dont on ne connaît pas encore la durée, n'est possible que grâce aux améliorations apportées aux systèmes satellitaires utilisés pour surveiller le trafic aérien de l'Atlantique Nord. Les contrôleurs disposent désormais de données en temps réel sur les avions au-dessus de l'océan. Cette modernisation, associée à l'effondrement du nombre de vols transatlantiques quotidiens (désormais autour de 500), signifie que les contrôleurs peuvent se passer de garde-corps.
(...)
Ces essais, s'ils se révèlent concluants, seraient bénéfiques à tous points de vue : les compagnies aériennes pourraient réaliser des économies considérables, tout en réduisant leurs émissions nocives pour l'environnement. Des chercheurs de l'Université de Reading en Angleterre ont étudié 35.000 vols transatlantiques l'hiver dernier et ont conclu que permettre aux avions de mieux tirer parti des itinéraires les plus courts associés aux vents les plus favorables pourrait réduire la consommation de carburant jusqu'à 16 %. Une économie considérable, puisqu'elle est équivalente à la réduction de consommation lors de l'achat d'un appareil de nouvelle génération.
 
Le carburant représente actuellement un quart des dépenses des compagnies aériennes. Et celles-ci veulent opérer de profonds changements pour se remettre d'une année dévastatrice liée à la pandémie de Covid.
(...)
Pour que cette expérience, peu coûteuse et dont les effets sont immédiats, fonctionne à long terme, il faut que les différents pays impliqués tombent d'accord sur les protocoles et les logiciels employés. « Ce sont des querelles de chapelles nationales, mais comme il y a moins de pays sur la zone Atlantique Nord, il est plus simple d'y faire des expérimentations, et de valider des procédures », espère Xavier Tytelman.

Mon commentaire : La faiblesse actuelle du trafic aérien permet d'effectuer des expérimentations plus rapidement qu'en temps normal.

Cet article relate la recherche d'économie de carburant durant la phase de vol dite de croisière.

D'autres expérimentations sont en cours.

Ainsi, depuis décembre 2020, les services de la navigation aérienne de la région parisienne proposent des procédures de descentes optimisées vers les aéroports de Paris-CDG et de Paris-Orly.

Sur autorisation du contrôle aérien, les pilotes peuvent optimiser leur trajectoire de vol en diminuant le temps de vol en palier au profit d’un lissage de la descente, sans impacter le niveau de sécurité des vols.

L'objectif de ces procédures est de réduire la consommation de carburant et les émissions de gaz à effets de serre associées. La réduction espérée durant la phase de descente est estimée à -15%.


Fin de la revue de presse

> Conseils pour les salariés et anciens salariés actionnaires

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> Mon commentaire sur l'évolution du cours de l'action Air France-KLM

L'action Air France-KLM est à 4,927 euros en clôture lundi 15 février. Elle est en baisse de -2,63% sur une semaine. Depuis fin novembre 2020, le cours se maintient autour de 5 euros.

Avant l'épidémie de coronavirus, l'action Air France-KLM était à 9,93 euros.

La moyenne (le consensus) des analystes pour l'action AF-KLM est à 3,31 euros. L'objectif de cours le plus élevé est à 5 euros, le plus bas à 1 euro. Vous pouvez retrouver sur mon blog le détail du consensus des analystes. Je ne prends pas en compte les opinions d'analystes antérieures au début de la crise sanitaire.


Le baril de pétrole Brent
(mer du nord) est en hausse de 3$ à 63$. Il est en progression constante depuis la fin octobre 2020.

Il est proche de retrouver son niveau pré-pandémie, 69$.

Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter des actions Air France-KLM.

Vous pouvez réagir à cette revue de presse ou bien me communiquer toute information ou réflexion me permettant de mieux conduire ma fonction d'administrateur du groupe Air France-KLM.

Vous pouvez me poser, par retour, toute question relative au groupe Air France-KLM ou à l'actionnariat salarié...

A bientôt.

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