Ce que coûte la guerre en Ukraine à Air France

photo François Robardet, Administrateur Air France-KLM I Lettre de l'Administrateur Air France-KLM
 

François Robardet
Représentant des salariés et anciens salariés actionnaires PS et PNC

N°850, 7 mars 2022
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Avion cargo ukrainien Antonov-225


La Revue de Presse du lundi

> Ce que coûte la guerre en Ukraine à Air France

(source TourMag) 3 mars - Après les grèves de 2019 puis la crise sanitaire depuis 2020, la guerre entre la Russie et l’Ukraine est un nouveau coup dur pour les compagnies aériennes françaises, Air France en tête. Et ce, sur plusieurs aspects.
 
En premier lieu vient le manque à gagner sur les liaisons suspendues purement et simplement par le conflit : depuis Paris, Lyon et Nantes vers Kiev, depuis Paris vers Saint-Pétersbourg, depuis Paris, Lyon, Biarritz, Nice, Marseille et Toulouse vers Moscou.
 
Sans oublier les vols en correspondance vers le reste de l’Ukraine et de la Russie des lignes parfois très juteuses car alimentées par les trafics affaires. Rappelons que 35 des 40 plus grandes entreprises françaises possèdent des filiales en Russie, et qu’elles sont le premier employeur étranger du pays, avec près de 160.000 salariés.
(...)
En réponse à la décision de la France, dimanche 27 février, de fermer son espace aérien aux avions russes, Moscou a également interdit le survol de son territoire aux avions européens. Une décision lourde de conséquences pour Air France, qui doit trouver des solutions pour ses vols vers la Chine, le Japon et la Corée du Sud.
(...)
Ce début de semaine, les vols se rendant en Asie du Nord-Est ont ainsi survolé l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan avant d’aller se poser dans les capitales chinoises coréennes ou japonaises, avec des retards pouvant aller jusqu’à 50 minutes sur l’horaire normal, d’après ce qu’indique la compagnie tricolore.
(...) 
Dernier impact touchant directement le portefeuille d’Air France : le prix du pétrole. Alors que la guerre en Ukraine fait planer le doute sur l’approvisionnement de l’énergie, le baril de pétrole a dépassé, le 2 mars, la barre des 110 dollars, un niveau jamais atteint depuis 2014.
 
Si les compagnies aériennes négocient leurs achats de kérosène à l’avance, cette hausse des prix aura forcément un impact dans le futur pour leurs budgets fuel.
 
Pour chiffrer en détail toutes ces conséquences, la direction d’Air France se refuse pour l’instant à donner de chiffre exact et indique « suivre la situation en temps réel ».
(...)

Mon commentaire : Les vols à destination de la Russie et de l'Ukraine représentent une faible part du chiffre d'affaires des compagnies aériennes.

Le rallongement des distances pour les vols entre l'Europe et l'Asie concerne peu de vols, l'activité sur ce réseau étant encore loin de son niveau de 2019.

Quant au renchérissement du prix du kérosène, il devrait pendant quelques semaines être compensé par les couvertures souscrites précédemment par ces compagnies.

À ce stade, l'impact de la guerre en Ukraine est relativement réduit pour les compagnies aériennes. Il sera quoiqu'il arrive sans commune mesure avec le prix payé par les Ukrainiens.

> KLM et le syndicat VNV parviennent à un accord de principe sur une nouvelle convention collective de travail pour les pilotes

(source Luchtvaartnieuws, traduit avec Deepl) 3 mars - KLM et le syndicat des pilotes VNV sont parvenus à un accord de principe sur une nouvelle convention collective du travail pour les pilotes de KLM et de sa filiale KLM Cityhopper. La nouvelle convention collective de travail sera en vigueur jusqu'au 28 février 2023. Les augmentations salariales convenues antérieurement ne seront pas versées, mais une correction de l'inflation a été convenue.
 
KLM (...) se dit satisfaite du résultat obtenu, compte tenu notamment du contexte compliqué et incertain créé par la crise du corona, la hausse de l'inflation et la guerre en Ukraine.
(...)
Aucun accord n'avait encore été conclu avec les pilotes au sujet de la contribution à apporter par l'ensemble du personnel de KLM en termes de conditions d'emploi d'ici 2022, comme l'exige le gouvernement dans le cadre des prêts accordés à la compagnie aérienne.
 
Il a été convenu que les augmentations salariales convenues et différées de l'accord CAO 2019 (2,5 % supplémentaires au 1er août 2020 et 2,5 % supplémentaires au 1er août 2021) ne seraient à nouveau pas versées pendant la durée de ce CAO. Il en va de même pour la prime de fin d'année pour 2022.
 
Selon KLM, l'évolution des prix a été prise en compte en même temps. C'est pourquoi les pilotes peuvent compter sur une augmentation salariale de 1,5 % le 1er août 2022 et le 1er janvier 2023.
 
"Avec cet accord de principe, les pilotes apportent une fois de plus leur contribution au redressement de KLM", a déclaré le VNV dans un communiqué. "L'accord est une continuation des accords existants et a été mis à jour sur les développements opérationnels et macro-économiques."
 
L'ensemble des conventions collectives de travail doit encore être soumis au conseil des membres de la VNV. Après approbation, la nouvelle convention collective du travail deviendra définitive.

Mon commentaire : Les accords collectifs signés fin 2020 par KLM avec huit syndicats définissaient les mesures d'austérité qui s'appliquent jusqu'au début de 2022, pour les pilotes, et jusqu'à la fin de 2022, pour le personnel au sol et de cabine.

Le gouvernement néerlandais ayant demandé, après les négociations de 2020, que les efforts consentis par tous les employés de KLM portent sur toute la durée des prêts, une clause d'engagement avait été insérée dans les accords entre KLM et les syndicats.

L'accord évoqué dans l'article prolonge les efforts acceptés en 2020 par les pilotes de KLM tout en les atténuant.

> Résultats 2021 : Lufthansa réduit ses pertes de plus de la moitié

(source Air & Cosmos) 3 mars - Le 3 mars, le groupe Lufthansa a publié ses résultats financiers pour l'année 2021. Pour l'année écoulée, Lufthansa a réduit de plus de la moitié sa perte d'exploitation, à 2,3 milliards d'euros, contre une perte opérationnelle de 5,5 milliards d'euros en 2020. Le résultat net du groupe Lufthansa affiche toujours une perte de près de 2,2 milliards d'euros, mais divisée par trois par rapport à la perte nette de 2020 (7,3 milliards d'euros). Le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 16,8 milliards d'euros en 2021, soit une hausse de 24% par rapport à 2020.
 
En termes de capacités, le groupe Lufthansa était à 40% du niveau pré-crise de 2019. Il prévoit de monter à 70% du niveau de 2019 cette année, avec une pointe à 85% des capacités de 2019 pour la période estivale 2022.

Compte tenu des nouvelles incertitudes générées par le conflit en Ukraine, le groupe préfère ne pas faire de prévisions financières pour l'année 2022. Il attend quand même une amélioration significative de son résultat d'exploitation pour le reste de l'année 2022, après un premier trimestre qui a été encore marqué par les effets de la crise sanitaire, avec notamment la survenance du variant Omicron.
(...)
Concernant les discussions avec ITA Airways, Carsten Spohr a confirmé qu'il était en discussion avec la compagnie MSC et qu'il avait rencontré la famille Aponte. Lufthansa attend à présent d'avoir accès aux bases financières d'ITA pour prendre une décision. "Une participation minoritaire pourrait permettre un moyen de sécuriser une coopération ou d'ouvrir la voie à une prise de contrôle total", a précisé Carsten Spohr.

Mon commentaire : Le tableau ci-dessous permet de comparer les résultats des trois principaux groupes de compagnies aériennes européennes.

J'ai retenu trois des principaux indicateurs permettant d'évaluer la performance en temps de crise.

Par rapport à IAG (British Airways, Iberia, Aer Lingus et Vueling) et au groupe Lufthansa, le groupe Air France-KLM s'en sort très honorablement :

  . la perte de chiffre d'affaires d'Air France-KLM est la plus faible des trois groupes,

  . son résultat d'exploitation est bien meilleur que celui de ses concurrents.

Quant au résultat net d'Air France-KLM, il est à un niveau similaire à celui d'IAG. Il convient de se souvenir qu'il a été fortement impacté négativement par le changement de régime de retraite des personnels sol de KLM. Ce changement, souhaité par l'entreprise, avait été précédemment mis en œuvre pour les pilotes et les personnels de cabine de KLM. destiné

Les efforts significatifs consentis par les salariés du groupe franco-néerlandais ont porté leurs fruits.

    Air France-KLM Groupe IAG Groupe Lufthansa
Chiffre d'affaires 2021 14,3 Mds€ 8,5 Mds€ 16,8 Mds€
  2019 27,2 Mds€ 25,5 Mds€ 36,4 Mds€
    -47,4% -66,9% -53,8%
         
Résultat d'exploitation 2021 -1,6 Mds€ -3,0 Mds€ -2,3 Mds€
  2019 1,1 Mds€ 3,3 Mds€ 1,8 Mds€
    -2,7 Mds€ -6,3 Mds€ -4,1 Mds€
         
Résultat net 2021 -3,3 Mds€ -3,0 Mds€ -2,2 Mds€
  2019 0,3 Mds€ 1,7 Mds€ 1,2 Mds€
    -3,6 Mds€ -4,8 Mds€ -3,4 Mds€

> Après le Brexit, la France et l’Allemagne veulent faire éclater IAG selon O’Leary (Ryanair)

(source L’Écho touristique) 7 mars - Selon Mickael O’Leary, l’Allemagne et la France ont pour plan de profiter des règles post-Brexit pour obliger British Airways à devenir une compagnie aérienne indépendante.
(...)
En effet, d’après le journal britannique Telegraph, après une pause de plus d’un an, les responsables bruxellois examinent désormais la manière dont les règles dites de propriété et de contrôle seront appliquées post-Brexit. Avant le Brexit, les compagnies aériennes opérant au sein de l’UE devaient prouver qu’elles étaient « détenues et contrôlées » par les États membres.
 
Mais les règles ont été suspendues après que le Royaume-Uni a quitté le bloc européen, les deux parties acceptant d’entamer des pourparlers sur un nouveau régime post-Brexit. Désormais, le Brexit signifie que les actionnaires britanniques ne sont plus inclus dans le décompte de la propriété de l’UE. Avec un quart de la société mère de British Airways, IAG, détenue par le Qatar, cela signifie que la compagnie aérienne britannique pourrait enfreindre les règles lorsqu’elles reviendront en vigueur.
 
Cependant, les règles sont compliquées et sujettes à interprétation. IAG insiste sur le fait qu’elle est déjà conforme en vertu de sa structure de conseil d’administration basée à Madrid. Les responsables bruxellois ont écrit aux compagnies aériennes avant Noël l’année dernière, leur demandant comment elles respecteraient les règles.
 
O’Leary a déclaré que la réimposition des règles, initialement prévue pour au plus tard ce mois-ci mais probablement retardée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie, fournirait à Air France et Lufthansa l’occasion d’affaiblir la position d’IAG. Le groupe possède aussi les compagnies aériennes Iberia, Aer Lingus et Vueling.
(...)

Mon commentaire : La législation européenne en matière de transport aérien prévoit que, pour obtenir une licence permettant d’opérer des vols entre deux destinations de l’Union Européenne, une compagnie doit être détenue à plus de 50 % « et effectivement contrôlée » par des ressortissants d’États membres « directement ou indirectement ».

Depuis le 1er janvier 2021, les ressortissants Britanniques ne rentrent plus dans cette catégorie. .

Pour répondre temporairement à ce changement, IAG a placé la totalité de ses droits de vote au sein d’Iberia entre les mains de la chaîne de magasins espagnole El Corte Inglés, traditionnellement proche d’Iberia. Cela permettait au transporteur ibérique de conserver sa licence d’exploitation dans l’Union Européenne le temps que les règles soient éventuellement assouplies.

La démarche de la France et de l'Allemagne vise simplement à faire respecter les règles, pas à faire éclater IAG comme l'indique le titre volontairement accrocheur de l'article.

Il est désormais de la responsabilité d'IAG de démontrer que les différentes compagnies du groupe (British Airways, Ibéria, Aer Lingus et Vueling) sont en règle.

La tâche pour IAG ne sera pas simple car son premier actionnaire est le gouvernement du Qatar, qui détient avec 25% du capital.

> Etihad réduit ses pertes par rapport à 2019 et 2020

(source Journal de l'Aviation) 1er mars - Si la pandémie de Covid-19 a perturbé les opérations d'Etihad, la compagnie d'Abou Dhabi parvient à poursuivre le redressement de ses opérations. Elle a publié un chiffre d'affaires en hausse de 18% à 3,14 milliards de dollars en 2021 et a fait revenir son EBITDA dans le positif.
 
Etihad reste en perte, avec un résultat net négatif de 476 millions de dollars, mais l'a fortement réduite par rapport à 2020 - où elle était de 1,7 milliard de dollars - et même par rapport à 2019 - 802 millions de dollars de pertes.
 
Le taux de remplissage moyen reste très bas à 39,6% mais a connu une évolution continue tout au long de l'année et particulièrement au quatrième trimestre, après la levée des restrictions imposées à Abou Dhabi, atteignant 70% en décembre.
 
L'activité cargo a battu ses records, avec une augmentation de 27% du tonnage transporté et de 49% du chiffre d'affaires.
 
La flotte a toutefois été considérablement réduite, passant de 103 appareils en 2020 (en grande partie clouée au sol alors) à 67 appareils en 2021. Cependant, une grande évolution est en préparation : l'entrée en service des A350. Le premier devrait être opérationnel au deuxième trimestre.

Mon commentaire : Pendant des années, entre 2011 et 2016, Etihad Airways a opté pour une stratégie de croissance externe. Elle a pris des parts dans de nombreuses compagnies aériennes (Air Seychelles, Aer Lingus, Virgin Australia, Jet Airways, JAT Airways, Alitalia, ...).

Cette stratégie a été un échec, Etihad Airways a alors enchainé les exercices déficitaires.

Etihad Airways, avec ses 67 appareils, est désormais de loin la plus petite des trois compagnies aériennes dites "du Golfe", Emirates et Qatar Airways disposant chacune de plus de 200 avions.

> La crise avec la Russie tourne à la Bérézina pour les loueurs d'avions

(source Les Échos) 3 mars - La sphère aéronautique a reçu ordre de ne plus vendre à la Russie d'avions ou de pièces détachées, mais ce blocus s'applique plus largement à tous les services du secteur, à commencer par les locations d'avions. Les firmes spécialisées se sont donc vues interdire de facto la signature de nouveaux contrats de leasing. Surtout, elles doivent cesser à bref délai les contrats en cours et récupérer leurs appareils au plus tard le 28 mars. Un vrai défi à cette échelle et avec ce calendrier tendu.
 
L'ensemble des compagnies aériennes immatriculées en Russie, dont Aeroflot, Rossiya, S7 Airlines, Ural Airlines, Azur Air, etc., exploite une flotte totale de 980 avions. Selon le cabinet spécialisé Cirium, 777 sont actuellement loués à des opérateurs. Sur ce total, 515 appareils le sont à des firmes étrangères, pour une valeur catalogue de quelque 10 milliards de dollars, précise l'agence Reuters.
 
Le géant mondial du secteur, l'irlandais AerCap (...) estime son exposition au marché russe et ukrainien à 152 avions à fin 2021. Soit, en valeur, 5 % de sa flotte de plus de 2.000 appareils loués chez quelque 300 clients.
(...)
La décision soudaine des Occidentaux pose d'ores et déjà de nombreux problèmes pratiques d'application. Quel sera le degré de coopération des autorités russes, face aux loueurs ou à leurs avocats désirant récupérer manu militari leurs appareils ? Et même dans des cas favorables, comment envoyer des pilotes étrangers pour les vols de rapatriement, étant donné la fermeture de l'espace aérien, plus large que la seule Russie ? De plus, bon nombre des appareils en question sont actuellement dispersés hors du sol russe, loin du siège de leurs exploitants, notamment sur divers aéroports européens, où ils sont restés parqués du fait du blocus.
(...)
Plus grave à moyen terme pour les professionnels, cette dénonciation soudaine et massive de contrats de plus de 500 avions devrait impacter la valeur des loyers moyens des Airbus ou Boeing qui seront replacés ailleurs dans le monde, et la cote de nombreux modèles sur le marché d'occasion.
 
En quelques heures, les deux grands avionneurs mondiaux ont coupé les ponts avec leurs clients russes. Boeing suspend ses opérations majeures à Moscou, son campus de formation, et empêche temporairement ses employés et partenaires en Russie d'accéder aux données techniques sensibles, faute de licences d'exportation américaines. L'avionneur de Chicago a déclaré avoir suspendu la fourniture de pièces de rechange, de maintenance et de services techniques aux clients russes.
 
Son concurrent européen Airbus a déclaré prendre des mesures similaires, citant une liste croissante de sanctions internationales à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. « Airbus a suspendu les services d'assistance aux compagnies aériennes russes, ainsi que la fourniture de pièces de rechange au pays », a déclaré mercredi l'avionneur dans un communiqué.

Mon commentaire : Les loueurs d'avions affrontent leur troisième crise en trois ans : suspension des vols du Boeing 737 MAX, Covid-19 et maintenant interruption des contrats de leasing avec les compagnies aériennes russes.

Cette situation provoque une baisse des coûts de location, baisse dont pourraient profiter les compagnies aériennes lors de la reprise d'activité.

Par ailleurs, Sabre et Amadeus ont décidé de retirer Aeroflot de leurs systèmes de réservation, obligeant Aeroflot à suspendre son trafic international à partir du 8 mars.

> SCARA : 30% d’augmentation de la dette du coût sécurité/sûreté aéroportuaire en un an

(source Air Journal) 6 mars - Le Syndicat des Compagnies Aériennes Autonomes (SCARA) dénonce une augmentation de 30% de l’avance remboursable de la taxe d’aéroport (TAP) décidée par l’État, et ce “sans aucune concertation préalable avec la profession“.
 
Le déficit du budget de sécurité/sûreté aéroportuaire, qui était jusqu’à présent estimé à 550 millions d’euros, vient de passer à 700 millions d’euros, soit 30% d’augmentation, explique le SCARA. Ces 700 millions d’euros ont été avancés par l’État aux aéroports pour couvrir leur manque à gagner sur la TAP du fait de la chute de plus de 70% du trafic aérien pendant la crise sanitaire. L’État exige donc le remboursement, par les compagnies aériennes, de ces 700 millions d’euros, en les majorant d’intérêts financiers et de frais de gestion, sur sept ans à compter de 2024.
 
“L’État ponctionne toujours plus les compagnies aériennes exsangues à la sortie de la crise“, dénonce le SCARA dans un communiqué. “Il s’agit donc de faire payer aux compagnies aériennes, déjà fortement touchées par la crise, un service de sécurité/sûreté qui n’a pas été rendu, sur des vols non effectués durant la période de crise sanitaire 2020-2022“, ajoute le syndicat qui regroupe 50% des compagnies aériennes françaises.
 
Par ailleurs, pour simplifier l’administration, la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) a réuni au sein d’une nouvelle taxe appelée Taxe sur le transport aérien de passagers (TTAP) toutes les différentes taxes aux statuts hétéroclites -la Taxe d’Aéroport (TAP), qui change de nom pour devenir la T2S et qui couvre les charges de sécurité/sûreté en aéroport; la Taxe de l’Aviation Civile (TAC), qui finance une partie des dépenses de la DGAC; et la Taxe de Solidarité sur les billets d’avion (Taxe Chirac), qui finance l’organisation internationale UNITAID chargée de centraliser les achats de traitements médicamenteux pour des pays en voie de développement et depuis 2020, les infrastructures ferroviaires françaises.
 
Mais pour le SCARA, “il s’agit de rendre l’affectation de ces taxes opaques et de les sanctuariser pour mieux les augmenter à l’avenir sans qu’aucun contrôle puisse être exercé par les compagnies aériennes contributrices“.

Mon commentaire : Le regroupement des trois taxes (TAP, TAC, Taxe Chirac) en une seule (TTAP) est l'occasion de faire un rappel.

Sur ces trois taxes, seule la Taxe de l’Aviation Civile (TAC) est en relation directe avec l'activité des compagnies aériennes.

La Taxe d’Aéroport (TAP) couvre notamment les charges de sûreté en aéroport, une activité régalienne. La France est un des seuls pays à en faire porter le coût sur les compagnies aériennes.

Enfin, la Taxe de Solidarité sur les billets d’avion (Taxe Chirac), initialement destinée à financer l’organisation internationale UNITAID, a vu son régime modifié en 2019.

Désormais, le produit de cette taxe est affecté à deux organismes bénéficiaires :
  . le bénéficiaire historique : le Fonds de solidarité pour le développement (FSD), dans la limite d'un premier plafond fixé à 210 M€
  . un second bénéficiaire depuis le 1er janvier 2020 : pour la limite d'un second plafond de 230 M€ au-delà de 210 M€, l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF), établissement public administratif de l'Etat chargé de concourir au financement des projets d'infrastructure ferroviaire, routière, portuaire ou fluviale et au développement des projets de transport collectif de personnes en France.

Cette taxe est due par toute entreprise de transport aérien public, quelle que soit sa nationalité ou son statut juridique.

Il n'en demeure pas moins qu'Air France est la principale compagnie aérienne à y contribuer.


Revue de presse boursière

> Air France KLM : nouveau coup de massue

(source Boursier) 7 mars - L’envolée des prix du pétrole ne favorise guère le secteur aérien, déjà mis KO par la crise sanitaire. Air France KLM en est le parfait exemple avec un titre qui enregistre sa plus forte baisse (-10% à 3,1 euros) en plus de deux ans en matinée à Paris. Ailleurs en Europe, easyJet trébuche de 8,8%, Ryanair plonge de 8%, Lufthansa cède 5,8% et IAG recule de 7,5%.
 
Si les transporteurs couvrent généralement une partie de leur facture carburant pour se prémunir contre de tels évènements (Ryanair est le plus couvert), cette 'assurance' n'empêchera pas une nette hausse de leurs coûts opérationnels dans la mesure où 100% de la consommation n'est pas protégée. Par ailleurs, les trois grands transporteurs 'traditionnels' européens doivent également faire face à la fermeture de l'espace aérien russe pour desservir l'Asie depuis le Vieux continent. Sans parler des liaisons vers la Russie et l'Ukraine désormais fermées.

Mon commentaire : La guerre en Ukraine impacte la totalité des compagnies aériennes. En fin de journée, l'action Air France-KLM enregistrait un recul de "seulement" -6,07%, à 3,295 euros.


Fin de la revue de presse

> Conseils pour les salariés et anciens salariés actionnaires

Vous trouverez sur mon site navigaction les modalités d'accès aux sites des gérants.

Pour éviter d'oublier de changer vos coordonnées à chaque changement d'adresse postale, je vous conseille de renseigner une adresse mail personnelle. Elle servira pour toute correspondance avec les organismes de gestion.

Gardez en un même endroit tous les documents afférant à vos actions Air France-KLM : tous vos courriers reçus des différents gérants, Natixis, Société Générale, votre établissement financier personnel si vous avez acheté vos actions par celui-ci.

> Mon commentaire sur l'évolution du cours de l'action Air France-KLM

L'action Air France-KLM est à 3,295 euros en clôture lundi 7 mars. Elle est en chute de -16,60%.

Avant l'épidémie de coronavirus, l'action Air France-KLM était à 9,93 euros.

cours sur cinq ans

Évolution du cours de l'action Air France-KLM sur cinq ans. La chute brutale correspond au début de l'épidémie de Covid-19.

La moyenne (le consensus) des analystes pour l'action AF-KLM est à 3,46 euros. L'objectif de cours le plus élevé est à 5,50 euros, le plus bas à 1,30 euro.
Vous pouvez retrouver sur mon blog le détail du consensus des analystes. Je ne prends pas en compte les opinions d'analystes antérieures au début de la crise sanitaire.


Le baril de pétrole Brent
(mer du nord) est en très très forte hausse cette semaine de 22$ à 123$.

La crise en Ukraine est à l'origine de la hausse du cours du pétrole,
hausse qui touche également le cuivre et l'or.

Le Brent a d'ores et déjà dépassé son niveau de 2014 : 110$.

Fin octobre 2020, il était au plus bas à 37$.

cours pétrole sur dix ans

Évolution du cours du pétrole sur dix ans. La chute brutale correspond au début de l'épidémie de Covid-19.

Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter des actions Air France-KLM..

Vous pouvez réagir à cette revue de presse ou bien me communiquer toute information ou réflexion me permettant de mieux conduire ma fonction d'administrateur du groupe Air France-KLM.

Vous pouvez me poser, par retour, toute question relative au groupe Air France-KLM ou à l'actionnariat salarié...

A bientôt.

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