Crash du Rio-Paris : Airbus et Air France relaxés

photo François Robardet, Administrateur Air France-KLM I Lettre de l'Administrateur Air France-KLM

À la pointe d'une aviation européenne plus responsable, nous rapprochons les peuples pour construire le monde de demain.
(Raison d'être du groupe Air France-KLM)
 

François Robardet
Représentant des salariés et anciens salariés actionnaires PS et PNC

N°908, 17 avril 2023
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La Revue de Presse du lundi

> Crash du Rio-Paris : Airbus et Air France relaxés

(source Les Échos) 17 avril 2023 - Plus de treize ans de procédure chaotique, neuf semaines de procès fin 2022, quatre mois de délibéré… et une relaxe. Ce lundi 17 avril à l'annonce de la décision mettant hors de cause Air France et Airbus, un « oh » grondeur s'est échappé des bancs des parties civiles tout de suite calmé par la présence en nombre de représentants des forces de l'ordre.
 
Le constructeur européen et la compagnie aérienne étaient poursuivis pour homicides involontaires après le crash en 2009 du vol Rio-Paris qui a fait 228 morts. Plus de 500 parties civiles s'étaient constituées. En sortant de la salle d'audience, ces proches des victimes du crash ont laissé éclater leur colère : « Nous attendions un jugement impartial, ça n'a pas été le cas. Nous sommes écœurés », a réagi Danièle Lamy, présidente de l'association Entraide et Solidarité AF447. « Il ne reste de ces 14 années d'attente que désespérance, consternation et colère » a-t-elle ajouté.
 
Conscient de cette attente et de l'émotion, la présidente Sylvie Daunis a pris soin d'expliquer longuement les motivations de sa décision. « Compte tenu de l'ampleur du drame qui s'est produit dans la nuit du 30 mai au 1er juin 2009, l'existence du dommage est incontestable » a-t-elle précisé d'entrée. Néanmoins, même si des « fautes » ont été commises « aucun lien de causalité certain » avec l'accident n'a « pu être démontré ».
 
Culpabilité « impossible à démontrer »
Pour le tribunal, Airbus a commis « quatre imprudences ou négligences », notamment celles de ne pas avoir fait remplacer les modèles des sondes Pitot dites « AA », qui semblait geler plus souvent, sur la flotte A330-A340. De plus, selon le tribunal Airbus a fait preuve de « rétention d'information » quant aux incidents subis par ses clients. Quant à Air France, la compagnie a fait preuve d'« imprudences fautives », notamment dans les modalités de diffusion d'une note d'information adressée à ses pilotes sur la panne des sondes.
 
Néanmoins, selon le tribunal, sur le plan pénal, « un lien de causalité probable n'est pas suffisant pour caractériser un délit. En l'espèce, s'agissant des fautes, aucun lien de causalité certain n'a pu être démontré avec l'accident ». Car « il est constant qu'un lien de causalité probable, même lorsque cette probabilité est très élevée et qu'elle s'approche de la quasi-certitude n'est pas suffisant pour caractériser un délit ».
 
Lors du procès qui s'est déroulé du 10 octobre au 8 décembre, le parquet avait requis la relaxe, estimant que la culpabilité des entreprises était « impossible à démontrer ».
 
Néanmoins, le tribunal a de nouveau examiné ces fautes sous l'angle de la « perte de chance » en matière de responsabilité civile. Celle-ci « s'analyse en la disparition d'un espoir réel, autrement dit de la probabilité d'un événement favorable. Ces fautes commises par Air France au préjudice tant des passagers que du personnel de la compagnie sont ainsi en relation de cause à effet avec la perte de chance subie », explique le tribunal. Et déclare Airbus et Air France civilement responsable de celle-ci. Mais compte tenu « des questions juridiques que pose l'indemnisation d'une perte de chance », renvoie l'examen de l'indemnisation des parties civiles à une audience en septembre 2023.
 
Air France a pris « acte du jugement », dans un sobre communiqué. Disant à nouveau « sa compassion » à « l'ensemble des proches de ce terrible accident ». Quant à Airbus il a estimé que cette décision était « cohérente » avec le non-lieu prononcé à la fin de l'instruction en 2019.
(...)

Mon commentaire : Je m'associe aux salariés et anciens salariés d'Air France pour renouveler notre plus profonde compassion à l’ensemble des proches des victimes.

La première préoccupation des proches des victimes est de connaitre la vérité et de voir passer la justice. La sanction du responsable est l’objet de la procédure pénale tandis que l’indemnisation vise à la réparation, notamment du préjudice moral.

Sur le plan pénal, le tribunal a (enfin) apporté une réponse claire : des imprudences ont été commises, tant par Airbus que par Air France, sans que cela puisse être considéré comme un délit.

Sur le plan civil, la plupart des familles des victimes ont depuis plusieurs années été indemnisées.

Ces indemnisations n'apaiseront jamais la douleur des familles des passagers et des personnels d'équipage décédés. Je souhaite qu'elles aient été a minima utiles pour permettre aux orphelins de financer leurs études, réaliser un projet qui tenait à cœur à la famille, ou simplement tenir bon en cas de coup dur.

> Le cabinet considère une nouvelle augmentation de la taxe sur les vols comme une option sérieuse

(source Luchtvaartnieuws, traduit avec Deepl) 13 avril 2023 - Une nouvelle augmentation de la taxe sur les vols est envisagée par le cabinet pour atteindre les objectifs climatiques et générer des recettes supplémentaires, ont déclaré des initiés à la rédaction politique de De Telegraaf. L'augmentation de la taxe sur les émissions de CO2 pour l'industrie et l'obligation de louer des voitures électriques pour les voyageurs d'affaires sont également des options sérieuses. En revanche, l'introduction d'une taxe sur la viande et les produits laitiers a été rejetée en raison d'un manque de soutien de la part du public et de problèmes informatiques au sein du bureau des impôts.
 
Le cabinet doit annoncer des mesures climatiques supplémentaires au printemps pour atteindre les objectifs climatiques qu'il s'est lui-même fixés. Un groupe de fonctionnaires a donc récemment présenté dans un rapport les mesures qui pourraient être prises à cette fin. Outre l'introduction d'une taxe sur les produits laitiers et la viande, qui semble donc peu probable, les fonctionnaires ont suggéré, entre autres, de taxer beaucoup plus lourdement les vols moyens et long-courriers.
 
Au début de l'année, la taxe sur les vols a déjà été triplée, passant de 8 à 26 euros par passager, quelle que soit la distance parcourue. Les fonctionnaires ont esquissé deux scénarios pour une taxe encore plus élevée, en fonction de la distance : l'un dans lequel la taxe sur les vols long-courriers s'élève à 79 euros par personne, et l'autre dans lequel la taxe atteint 150 euros par personne. Pour les vols de moyenne distance, entre 2 500 et 6 000 kilomètres, la taxe de vol devrait également augmenter, mais moins fortement : de 52 à 75 euros.
 
Selon les initiés de La Haye interrogés par De Telegraaf, il y a de l'"enthousiasme" au sein du cabinet pour l'augmentation de la taxe sur les vols, bien qu'aucune décision n'ait encore été prise. Outre le climat, l'augmentation de la taxe sur les vols présente l'avantage pour le gouvernement de rapporter pas mal d'argent. En raison de l'augmentation des taux d'intérêt, du plafonnement des prix et de l'augmentation rapide du nombre de demandeurs d'asile, un déficit budgétaire de 6 milliards d'euros est attendu. Ce déficit doit être couvert par une augmentation des impôts ou une réduction des dépenses.

Mon commentaire : Taxer, pourquoi pas, mais comment ?

Le système de taxation évoqué dans cet article pour lutter contre le dérèglement climatique est un non-sens, totalement contreproductif.

Quel serait l'intérêt pour les compagnies aériennes de remplacer le kérosène par du carburant d'aviation durable, plus cher, si le montant des taxes n'est pas ajusté en conséquence ?

> Transavia Pays-Bas manque d’avions : 50.000 passagers affectés

(source Air Journal) 17 avril 2023 - Six avions attendus n’étant pas disponibles, la compagnie aérienne low-cost Transavia Pays-Bas a été obligée de réduire son programme de vol en avril et mai 2023, environ 50.000 passagers voyant leur plans de voyage annulés ou modifiés.
 
Basée à l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, la filiale néerlandaise spécialisée dans le vol pas cher du groupe Air France-KLM a expliqué les raisons des quelque 8000 annulations de vol et 42.000 reports subis par ses clients depuis le début du mois et jusqu’en mai 2023. Selon un porte-parole de Transavia, le manque d’avion affecte « 5% de tous les vols » pendant ces deux mois. Tous les passagers auraient été avertis, précise le NL Times, citant un communiqué : « ces perturbations opérationnelles nous obligent à adapter notre programme de vols. Dans la mesure du possible, nous replaçons les passagers ou proposons une alternative. Malheureusement, malgré ces efforts, nous ne pouvons éviter d’annuler un nombre limité de vols et de décevoir passagers et partenaires ».
 
Deux des Boeing 737-800 de Transavia en maintenance depuis longtemps attendent toujours des pièces de Boeing, justifie la low-cost, tandis que quatre des cinq 737-800 loués chez la compagnie roumaine Blue Air (nationalisée suite à sa faillite fin 2022) ne peuvent être utilisés pour des « raisons administratives » (certificats de sécurité absents apparemment ; ils appartiennent à la société de leasing ALC, la FAA en étant donc responsable). Transavia dispose donc aux Pays-Bas de 39 appareils, au lieu des 45 espérés pour répondre à la demande de la saison estivale.
 
Reste le problème des indemnisations : rien n’est prévu pour ceux avertis au moins 14 jours avant leur départ, y compris en ce qui concerne les autres frais tels que réservations d’hôtels ou location de voiture, au grand dam des agences de voyages qui vont devoir trouver des solutions. Transavia espère que le problème sera résolu d’ici le mois prochain : elle n’aura lors pas à prendre le même genre de décision pour les mois de juin et juillet…
 
Selon le site Luchtvaartnieuws, les retards dans la maintenance sont en partie dus à un manque de personnel chez Transavia Pays-Bas , en raison d’arrêts maladie mais aussi de départs en formation sur les futurs Airbus A321neo, qui rejoindront la flotte de la low-cost vers la fin de l’année. Ce que reconnait la compagnie aérienne, tout en affirmant que des embauches ont eu lieu pour compenser.

Mon commentaire : La crise persistante que vit Boeing autour de ses B737 MAX (lire par ailleurs l'article "Boeing rattrapé par un nouveau problème sur le 737 MAX" ) crée une tension sur le marché de la location, tension préjudiciable à Transavia Pays-Bas.  La filiale de KLM a besoin des B737 jusqu'à l'arrivée des A320-A321 commandés en 2021.

Transavia Pays-Bas a par ailleurs indiqué que son manque d’avions n’avait aucun rapport avec les problèmes que KLM Cityhopper rencontre avec sa propre flotte.

Chez KLM Cityhopper, une grande partie des nouveaux Embraer E195-2 sont actuellement cloués au sol en raison de problèmes sur les moteurs Pratt & Whitney.

Ce moteur présente des problèmes de performance que l'on retrouve sur toutes les plateformes équipées de ces moteurs, dans le monde entier. Actuellement, le fournisseur du moteur et l'avionneur s'efforcent de trouver des solutions. Ces problèmes de performance n'ont pas d'incidence sur la sécurité des vols, mais ils affectent la capacité de déploiement de la flotte au sein de KLM Cityhopper.

> Delta Air Lines confirme ses objectifs 2023 après un bon 1er trimestre

(source AFP) 13 avril 2023 - La compagnie aérienne américaine Delta Air Lines a enregistré des revenus en hausse au premier trimestre et a réduit sa perte nette, grâce à une forte demande, ce qui lui permet de confirmer ses objectifs pour l'année, a-t-elle annoncé jeudi.
 
De janvier à fin mars, le chiffre d'affaires s'est établi à 12,8 milliards de dollars, soit une progression de 36% sur un an, précise la compagnie dans un communiqué.
 
Le transporteur a subi une perte nette de 363 millions de dollars au premier trimestre, contre une perte de 940 millions de dollars sur la même période de 2022.
(...) 
Grâce à des réservations "record" pour l'été, le transporteur anticipe un deuxième trimestre de très bonne facture, avec (...) des revenus en progression de 15 à 17%. Sur cette période, il s'attend toutefois à une progression des dépenses hors carburant de 1 à 3% par rapport au deuxième trimestre 2022.
 
La compagnie se dit par ailleurs "confiante" et réitère ses objectifs pour l'année, soit une hausse de 15 à 20% du chiffre d'affaires.
(...)
Cette publication était bien accueillie par les investisseurs jeudi. Dans les premiers échanges électroniques avant l'ouverture de Wall Street, l'action de Delta gagnait près de 3,6% à 34,95 dollars.

> Turkish Airlines vise une flotte de 800 avions en 2033

(source Business travel) 17 avril 2023 - Turkish Airlines a défini une série d'objectifs stratégiques pour la prochaine décennie, notamment le doublement de sa flotte.
 
La compagnie aérienne s'est fixé pour objectif d'étendre sa flotte à plus de 800 avions d'ici 2033 (date à laquelle elle célèbrera son centenaire) contre environ 400 avions actuellement.
 
C’est un objectif ambitieux car à titre de comparaison la flotte d’American Airlines (la plus grande compagnie aérienne au monde en nombre d'avions) compte environ 930 avions.
 
De même, Turkish Airlines a pour objectif de transporter 170 millions de passagers par an d'ici 2033, contre 85 millions prévus en 2023, avec un réseau de plus de 400 destinations.
 
Le transporteur vise un chiffre d'affaires consolidé de plus de 50 milliards de dollars d'ici 2033, avec un apport de 140 milliards de dollars de valeur ajoutée à l'économie turque.
 
La compagnie aérienne turque souhaite également établir la low-cost AnadoluJet en tant que filiale distincte, en visant une flotte de 200 avions d'ici 2033, contre environ 70 aujourd'hui.
 
Turkish Airlines est de loin la plus grande compagnie aérienne du nouvel aéroport d'Istanbul qui a ouvert ses portes en avril 2019. Il était le septième aéroport le plus fréquenté au monde et le plus fréquenté d'Europe l'année dernière.

Mon commentaire : Une grande partie de la réussite de Turkish Airlines repose sur un libre accès au marché européen, assorti d'une relative protection contre la concurrence des compagnies à bas coûts européennes.

Un accord signé en 2010 empêche, par exemple, Ryanair de desservir la Turquie depuis tout autre aéroport que celui de Dublin.

De plus, Turkish Airlines continue de bénéficier du soutien sans faille de son gouvernement pour se développer.

L'ambition assumée du gouvernement turc est de faire à brève échéance de Turkish Airlines une des plus grandes compagnies aériennes au monde.

> Boeing rattrapé par un nouveau problème sur le 737 MAX

(source Les Échos) 14 avril 2023 - L'embellie n'aura pas duré longtemps. Alors que Boeing se réjouissait d'être repassé devant Airbus en nombre de livraisons d'avions au premier trimestre, un nouveau problème de malfaçon pourrait compromettre ou du moins retarder le retour à la normale des livraisons de 737 MAX. Un défaut de fabrication sur deux points de fixation de la dérive au fuselage découvert sur plusieurs modèles de sa gamme de monocouloirs - les 737-7, 737-8 et 737-8200, ainsi qu'une version militaire P8 - va en effet obliger l'avionneur américain à retarder une partie de ses livraisons et à faire les modifications nécessaires sur les appareils déjà fabriqués.
 
« Ce n'est pas un problème immédiat de sécurité des vols, et la flotte en service peut continuer à fonctionner en toute sécurité, souligne Boeing dans un communiqué. Cependant, le problème affectera probablement un nombre important d'avions 737 MAX non livrés, à la fois en production et en stockage », indique-t-il.
 
Ni le nombre d'appareils concernés ni la durée des travaux nécessaires ne sont précisés à ce stade. « Nous nous attendons à une baisse des livraisons de 737 MAX à court terme pour la durée des travaux », indique seulement Boeing. « Nous regrettons l'impact que ce problème aura sur les clients concernés et sommes en contact avec eux concernant leur calendrier de livraison. Nous fournirons des informations supplémentaires dans les jours et les semaines à venir, au fur et à mesure que nous comprendrons mieux les impacts sur la livraison », promet l'avionneur. Probablement à l'occasion de la publication des résultats trimestriels, le 26 avril.
 
Cependant, le problème risque d'être de grande ampleur, sachant que les 737 MAX représentent la très grande majorité des livraisons de Boeing et que les modèles concernés, notamment le 737-8 et le 737-8200, sont les plus vendus. Le MAX 8200 équipe notamment Ryanair, qui est l'un des plus gros clients du 737 MAX, et qui s'était déjà plaint à de nombreuses reprises des retards de livraisons de Boeing.

Les investisseurs ne s'y sont d'ailleurs pas trompés. L'annonce de ses problèmes, jeudi soir aux États-Unis, a fait plonger l'action Boeing de 5,2 % dans les échanges qui ont suivi la clôture de Wall Street. Le titre Spirit AeroSystems, auquel Boeing sous-traite la fabrication de tronçons de 737 et qui est à l'origine du problème et de sa découverte, a chuté encore plus fortement, de 11,5 %.
 
Seul soulagement pour Boeing, les milliers de 737 MAX déjà livrés peuvent continuer à voler. Les modifications nécessaires pourront être effectuées lors des visites de maintenance prévues.
(...)

Mon commentaire : Et ça continue encore et encore, ...

Décidemment, rien ne va chez Boeing. D'un côté ses 737 Max enchainent les problèmes de fabrication.

De l'autre côté, Boeing a admis que les premiers 777X ne pourront être livrés en 2023, contrairement à ce qui avait été annoncé en 2020.

D'ailleurs, le Conseil d’administration de Boeing en a tiré les conséquences. Il a décidé pour cette raison de supprimer le bonus de performance du CEO Dave Calhoun en 2023 .

> ATR se prépare à une forte augmentation de ses cadences de production à 40 puis 80 avions par an

(source Journal de l'Aviation) 30 mars 2023 - Pour ATR, la crise est derrière. L'avionneur franco-italien annonce que 2023 sera placée sous le signe de la croissance et que ses forces sont désormais engagées dans la restauration des cadences de livraison d'avant Covid. L'ambition est forte : il vise plus de quarante livraisons en 2023 et le double d'ici la fin de la décennie.
 
Avant la crise, ATR livrait plus de soixante appareils chaque année. En 2020, l'activité s'est toutefois arrêtée pour lui aussi et seuls dix appareils avait pu être remis à leurs clients, puis 31 en 2021. 2022 a de nouveau été une année difficile sur ce plan puisque vingt-cinq appareils neufs ont été livrés, auxquels s'ajoutent onze avions d'occasion. Mais cette page a vocation à être tournée.
 
L'avionneur prévoit en effet de livrer plus de quarante appareils en 2023 et de recevoir un niveau de commandes équivalent puisqu'il vise un book to bill supérieur à un. Et ce n'est qu'un début puisque l'accélération des cadences de production devrait se poursuivre les années suivantes, avec l'objectif de pouvoir livrer 80 appareils par an d'ici la fin de la décennie.
 
ATR sait que cela ne sera pas facile. Le secteur fait face en effet à des difficultés de recrutement qu'il espère surmonter grâce à l'appui de ses deux maisons mères Airbus et Leonardo. L'avionneur a également des atouts à mettre en avant, comme l'empreinte environnementale réduite de l'ATR, un argument exposé depuis longtemps mais qui peut trouver un écho élargi aujourd'hui face aux préoccupations environnementales grandissantes des jeunes générations, tout comme auprès des compagnies qui souhaitent montrer qu'elles agissent en faveur de la décarbonation et réduire leur facture carburant. ATR met aussi en avant l'impact que chaque individu peut avoir au sein de l'entreprise, au vu de sa taille. Ainsi, 150 recrutements sont prévus en 2023, ce qui permettrait un retour quasiment à un niveau pré-Covid des effectifs.
 
L'autre difficulté à surmonter est liée aux perturbations dans la chaîne d'approvisionnement et aux pénuries de matières premières. Les montées en cadence devront donc se faire progressivement, afin de limiter les perturbations.
 
L'objectif d'atteindre 80 livraisons par an dans la seconde moitié de la décennie peut paraître très ambitieux - il est au-dessus des livraisons pré-crise - mais ATR est convaincu que le marché est prêt à absorber cette offre. L'avionneur compte 160 appareils dans son carnet de commandes actuellement mais anticipe un besoin de près de 2.500 biturbopropulseurs sur vingt ans, dont 1.500 pour remplacer des appareils en service, et les concurrents ne se bousculent pas (encore).
 
À plus court terme, dès cette année, la demande pour ses appareils devrait repartir à la hausse. L'avionneur explique en effet que nombre de ses clients sont basés en Asie et que le continent a été le dernier à lever les restrictions de voyage. Maintenant qu'elles ont même été levées en Chine, les voyages devraient connaître une nouvelle vigueur dans la région Pacifique, ce qui mènera à une augmentation de l'utilisation de la flotte d'ATR, la création de nouveaux besoins et un retour du dynamisme des ventes.
 
En parallèle, ATR continue de travailler à l'amélioration de son offre, avec l'intégration du nouveau moteur PW127XT de Pratt & Whitney Canada, le développement de l'ATR 42-600S (STOL, à décollage et atterrissage courts) et le lancement d'une étude de faisabilité pour une nouvelle génération d'appareils, pour le moment baptisé EVO.

Mon commentaire : L'horizon s'éclaircit pour le constructeur franco-italien ATR. Depuis plusieurs années il est le leader mondial des avions à turbopropulseur, plus intéressants que les avions à turboréacteur sur les petites distances.

Plus bruyants que les turboréacteurs, les turbopropulseurs sont moins chers et plus économes en carburant.

Mais pour ATR, l'avenir se conjugue peut-être avec l'hydrogène. Une start-up étasunienne, Universal Hydrogen, a ouvert un atelier à l'aéroport de Toulouse pour convertir des avions régionaux ATR à la pile à combustible à l'hydrogène, stocké dans des réservoirs amovibles. Lire à ce sujet ma lettre n°874.

Comment fonctionne un turbopropulseur ?
Lorsqu’on compare les turbopropulseurs et les turboréacteurs, la principale différence se trouve au niveau des moteurs. Un turbopropulseur est équipé d’un réacteur dont la turbine entraîne l’hélice et propulse l’appareil. À l’inverse, la poussée des jets est créée par une soufflante à l’intérieur des moteurs et un système de flux (source : blog.privatefly).

turboprop_turboréacteur


Fin de la revue de presse

> Évolution du cours de l'action Air France-KLM depuis un an

202304_cours_AFKLM
Deux évènements ont impacté le cours de l'action depuis un an :
  . en juin 2022 l'augmentation de capital à hauteur de 2,256 milliards d’euros
  . en février 2023 l'annonce des bons résultats 2022.

Nouveau commentaire : Deux évènements ont impacté le cours de l'action depuis un an :

  . en juin 2022 l'augmentation de capital à hauteur de 2,256 milliards d’euros
  . en février 2023 l'annonce des bons résultats 2022.

> Évolution du cours de l'action Air France-KLM

L'action Air France-KLM est à 1,527 euro en clôture lundi 17 avril. Elle est en baisse cette semaine de -4,32%.

Elle était à 1,253 euro le 2 janvier 2023.

La moyenne (le consensus) des analystes à 12 mois pour l'action AF-KLM est à 1,85 euro
(elle était à 1,55 euro début février). L'objectif de cours le plus élevé est à 2,40 euros, le plus bas à 1,10 euro. Je ne prends en compte que les opinions d'analystes postérieures à l'augmentation de capital de mai 2022.

Vous pouvez retrouver sur mon blog le détail du consensus des analystes.

Nouveau commentaire : Selon l'AFP, les marchés sont mitigés, entre ralentissement de l'inflation et craintes de récession aux États-Unis.

> Évolution du prix du carburant en 2022

Depuis le début de la guerre en Ukraine, il n'y a plus de corrélation entre le prix du baril de pétrole Brent et celui du baril de Jet Fuel. En 2022, l'écart entre les deux produits a oscillé entre 30 et 50$, alors qu'il ne dépassait pas 10$ les années précédentes.

Pas de nouveau commentaire

> Évolution du prix du carburant cette semaine

Le baril de Jet Fuel en Europe est en baisse cette semaine de -3$ à 104$. Après avoir atteint un maximum de 182$ en juin 2022, il était redescendu à 132$ début août. 
Il était à 79$ avant le déclenchement de la guerre en Ukraine.

Le baril de pétrole Brent
(mer du nord) est stable cette semaine à 85$. L'effet des annonces de baisse de production par l'OPEP+ s'estompent.

De la mi-février 2022 à fin juillet, il faisait le yoyo entre 100 et 120$. Depuis, il oscille entre 75$ et 99$.

Alors que le pétrole est revenu depuis plusieurs semaines à un niveau habituel, le Jet Fuel se rapproche à son tour de son niveau habituel. L'écart entre le Jet Fuel en Europe et le baril de pétrole Brent n'est désormais plus que de 29$. En 2022, au début du conflit ukrainien, cet écart avoisinait 50$.

Pas de nouveau commentaire


Bon à savoir

> Conseils pour les salariés et anciens salariés actionnaires

Vous trouverez sur mon site navigaction les modalités d'accès aux sites des gérants.

Pour éviter d'oublier de changer vos coordonnées à chaque changement d'adresse postale, je vous conseille de renseigner une adresse mail personnelle. Elle servira pour toute correspondance avec les organismes de gestion.

Gardez en un même endroit tous les documents afférant à vos actions Air France-KLM : tous vos courriers reçus des différents gérants, Natixis, Société Générale, votre établissement financier personnel si vous avez acheté vos actions par celui-ci.

> Gestion des FCPE

Lorsque vous placez de l'argent dans un des fonds FCPE d'Air France, vous obtenez des parts dans ces fonds. Vous ne détenez pas directement d'actions.

Ce sont les conseils de surveillance, que vous avez élus en juillet 2021 pour cinq ans, qui gèrent les fonds et qui prennent les décisions.

Les fonds Aeroactions, Majoractions et Concorde ne détiennent que des actions Air France.

Les fonds Horizon Épargne Actions (HEA), Horizon Épargne Mixte (HEM), Horizon Épargne Taux (HET) gèrent des portefeuilles d'actions diverses.

Mon commentaire : Si vous souhaitez obtenir des précisions sur la gestion des différents FCPE Air France, je vous invite à consulter mon site navigaction, rubrique L'actionnariat salarié Air France-KLM.


Précisions

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À bientôt.

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